CHAPITRE IV
qu'il rendait au monastère de la Trappe de Melleray, dont le R. P. Antoine était alors abbé. Dès 1819 il obtint de ce saint religieux d'être associé à toutes les prières, saints sacrifices, bonnes œuvres de sa fervente communauté, et jusqu'à la fin de sa vie il conserva une particulière afîection pour les pieux habitants de cette maison.
On vit aussi pendant les vacances de 1819 que le zèle du sanctuaire, qui brillera plus tard d'un si vif éclat en M. de Courson, commençait à se faire sentir à son âme. Il chercha autour de lui des enfants qui par les qualités de leur esprit et de leur cœur parussent propres à l'état ecclésiastique, et, ayant eu le bonheur d'en trouver deux , il voulut , pour mieux se rendre compte de leurs dispositions et s'assurer qu'il n'entreprenait pas une chose inutile , être leur premier maître. Après leur avoir enseigné pendant les vacances les premiers principes de la langue latine, il les confia aux soins paternels du vénérable curé de Maisdon qui tenait une école cléricale dans son presbytère •. « Ce fut, dit M. l'abbé Bahuaud, comme le coup d'essai et le prélude de la vie de zèle, d'abnégation et de sacrifice que mena plus tard M. de Courson. » Ce fut aussi le prélude des succès qu'il obtint; car l'un de ces jeunes gens devint un saint prêtre, tout à fait digne de son généreux protecteur.
Un dernier trait nous a été conservé par l'ancien
* M. Courtais, curé de Maisdon, fut, pendant la révolution et au commencement de la restauration du culte, un des rares ecclésiastiques du diocèse de Nantes qui s'occupèrent de former des élèves pour le sanctuaire. Il mourut le 8 décembre 1829 à l'âge de soixante-dix-sept ans.
vicaire de Vallet sur les vacances de M. de Courson en 1819. « Son extérieur, dit-il, était fort négligé, ses vêtements étaient des plus simples. Il paraît certain, sur le témoignage de sa respectable tante, qu'il pratiquait dès lors des macérations sanglantes que sa discrétion ne parvint pas à dérober entièrement à la connaissance de sa famille. »
Les vacances terminées, M. de Courson rentra avec bonheur au séminaire d'Issy, oii, loin du monde, il pouvait se livrer tout entier aux pratiques de piété qui lui étaient si chères. Le temps des retraites en particulier lui faisait goûter des consolations ineffables. Qu'on en juge par les reproches qu'il s'adressait en 1829 dans une de ses retraites annuelles : « Ah 1 disait-il , dans un écrit dont nous avons l'autographe, à certaines époques de ma vie, au séminaire surtout, lorsque j'avais le bonheur d'aimer un peu mon Dieu, lorsque les sacrifices me paraissaient si faciles, lorsque mon cœur ne refusait rien à Dieu, que seul il voulait aimer, une retraite me paraissait- elle pénible? Loin de là : ces jours heureux où, libre de mes occupations ordinaires, je pouvais m'occuper exclusivement de la très seule affaire de mon salut, me paraissaient dans un lointain désespérant, je souriais de plaisir à leur approche ; mon cœur me semblait cette terre desséchée trop longtemps privée de la rosée du ciel ^ »
Le fervent séminariste eut lieu d'être satisfait à l'époque dont nous parlons, car à la retraite générale qui ouvrit les exercices de l'année scolaire 1819-1820
» Ilésol. et Sent., p. 2.