‹ Vie de M. de CoursonChapitre 250 sur 336 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

fois , il aimait à l'entretenir souvent et ne l'oubliait plus. Dans l'occasion il en parlait avec complaisance à leur parent, et nous savons que ces marques d'intérêt, données avec tant de cordialité, faisaient une profonde et durable impression. « A son dernier voyage dans mon pays, dit un ecclésiastique employé au séminaire de Saint-Sulpice, à Montréal, ce vénéré père poussa la bonté jusqu'au point de descendre de voiture chez ma sœur aînée, pour la voir et lui donner quelque consolation, ce qui, en effet, a été, pour elle et pour toute la famille, bien honorable et bien consolant. »

Quand il s'agissait de remplir cet office de charité et de donner à ses confrères, dans la personne de leurs parents, les témoignages d'affection et d'intérêt, la mémoire de cet excellent supérieur n'était jamais infidèle, elle lui rappelait à point les occasions qui s'en présentaient; mais son bon cœur le servait mieux encore, en lui rendant ces relations aussi douces que s'il se fût agi des membres de sa famille : « Est-ce qu'ils ne sont pas de la Compagnie, disait -il quelquefois, ces bons parents qui nous ont donné leurs fils? — Les parents de nos confrères, disait-il encore, sont un peu nos parents. »

Le sentiment de la reconnaissance, toujours si vif dans le cœur de M. de Courson, le porta aussi quelquefois, dans ses tournées de visite, à interrompre le cours de ses occupations et même à se détourner de son chemin. Dans une lettre à M. le comte de Guérines, que nous avons déjà citée, parlant de l'ancien évêque de Nantes et de l'affection que ce vénérable prélat avait eue pour lui, il ajoutait : «Il m'avait mis

en rapport avec son excellente famille, et ces rapports m'étaient très doux. La distance les a interrompus , mais c'est un bonheur pour moi de les renouer quand Dieu m'en fournit l'occasion. Selon toutes les apparences, les devoirs qui viennent de m'être imposés me conduiront en Auvergne, et le désir que j'aurais de vous y voir ne s'effrayerait pas des montagnes, si ce seul obstacle empêchait la rencontre. »

Tel fut M. de Gourson dans la visite des séminaires. Accueilli partout comme un père tendrement aimé, il donna en tout lieu des exemples qui édifièrent et des témoignages de bonté qui touchèrent profondément les cœurs. Sa parole, quoique simple et sans art, laissa des impressions durables, parce qu'elle venait du cœur. Les directeurs, surtout, en furent très touchés, et, après l'avoir entendue, ils se sentirent un nouveau zèle pour l'œuvre importante des séminaires, et un plus grand amour pour la vie cachée. C'est, en effet, sur ces deux points que portaient ordinairement les instructions du pieux supérieur, et parmi ses paroles, que les procès -verbaux ont recueillies, nous avons particulièrement remarqué celles-ci, qu'il aimait à dire partout : « Il faut faire le bien en se cachant, comme Notre -Seigneur dans l'Eucharistie. »

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