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CHAPITRE XXXVI

« Veuillez donc, Monseigneur, me dire si je dois absolument renoncer à attendre encore de meilleurs temps avant d'accepter la charge que votre confiance désire nous imposer; et, si le moment est venu où il n'y a plus à reculer, veuillez me dire quel moyen vous agréeriez, pour que nous convenions de ce qui intéresse notre position au séminaire de Coutances. Je pourrais, si vous l'aviez pour agréable, envoyer quelqu'un de nos messieurs, avec les instructions nécessaires. »

Sur la réponse de l'évêque, l'acceptation du séminaire de Coutances fut décidée en principe, pendant l'octave de l'Assomption, et quelques jours après M. de Courson envoya à M»'' Robiou, pour la conclusion définitive, M. Houssard, qu'accompagna M. Helly, ancien supérieur du séminaire d'Avignon. Leur négociation n'ayant rencontré aucune difficulté, il ne fut plus question que de réunir le personnel nécessaire pour conduire cette nouvelle maison.

Le prudent supérieur, que nous avons vu procéder aux nominations ordinaires avec tant de circonspection, donna cependant à celles-ci un soin particulier. Le choix du supérieur lui parut surtout mériter une attention exceptionnelle. Il fallait que ce fût un homme sage, expérimenté et assez bien doué sous tous les rapports pour remplacer, sinon avantageusement, du moins sans infériorité, les hommes distingués qui avaient dirigé le séminaire avant lui^ M. Houssard,

1 Le séminaire de Coutances, fondé par le vénérable père Eudes, en 1650, fut dirigé, jusqu'au moment de la grande révolution, par des prêtres eudistes. Rétabli en 1809, par Ms^Dupont- Poursat, il eut pour supérieurs MM. Dupré, Mauger, Lebrec et

toujours préoccupé des intérêts de son cher diocèse, aurait désiré que l'on mît à la tête du séminaire de Coutances un homme déjà accoutumé aux fonctions de supérieur, et M. Hamon lui paraissait surtout convenir pour cette place ; mais sa pensée ne prévalut pas. M. de Courson espéra trouver le supérieur qui convenait à Coutances, sans recourir à un déplacement plein de difficultés, et l'événement a prouvé que cette espérance était bien fondée. M. Bénésit, eh effet, a réalisé et peut-être dépassé les vœux de M. Houssard. Il a su éviter les écueils et surmonter les difficultés que l'on rencontre toujours dans les nouvelles fondations, et, grâce à l'autorité que l'exemple des plus admirables vertus donnait à sa parole, il a, en très peu de temps, établi, entre le diocèse de Coutances et les prêtres de Saint- Sulpice, ces liens d'affection qui ne sont ordinairement le résultat que d'une longue suite de relations et de bons offices.

Ce vertueux prêtre, l'un des plus fervents disciples de M. MoUevaut, avait passé par la plupart des emplois qu'on est appelé à remplir dans les séminaires, et il s'était acquitté de tous avec application et succès. Économe d'abord, puis professeur de dogme, depuis huit ans il enseignait la morale à Bayeux quand la maladie le réduisit à un état d'inaction presque complète. 11 y avait deux ans qu'il était soumis à ce régime

Dubois, qui tous, le dernier surtout, ont joui clans le diocèse et ailleurs d'une grande réputation de savoir et de vertu. M. l'abbé Adde remplaça M. Dubois en 1844, mais il ne fut chargé que par intérim de gouverner le séminaire. Il y eut aussi dans celte maison, de 1809 à 1846, des professeurs et des directeurs distingués dont le souvenir se conservera longtemps dans le clergé de Coutances.

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