‹ Vie de M. de CoursonChapitre 257 sur 336 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

L'organisation du séminaire de Coutances fut le principal objet de la sollicitude et des prières de M. de Gourson, pendant les vacances de 1846 , mais ce ne fut pas le seul. Il fallait encore donner un supérieur au séminaire de Bayeux et faire plusieurs mutations exigées par le besoin des établissements , ou par l'état de souffrance dans lequel se trouvaient quelques directeurs. L'ouverlure de cœur avec laquelle chacun lui rendait compte de ses dispositions l'avait mis au courant de tout ce qui faisait souffrir ses enfants, et il les aimait trop pour ne pas s'efforcer de les soulager, même par un changement, quand le mal semblait exiger ce remède. C'est ce qui lui faisait dire dans une lettre de cette époque : « La question de M. X... me donne bien du souci. Je n'ai encore rien d'arrêté dans l'esprit, mais je pense qu'il faut, sans différer, remédier à une si grande souffrance morale et physique. Ce cher frère est certainement appelé à se sanctifier par la souffrance, mais je dois veiller à sa conservation. »

Ce désir de soulager par un changement de position ceux qu'il voyait ainsi dans la peine, accroissait beaucoup la difficulté que lui offrait déjà par elle-même l'organisation du personnel. Il n'était pas une de ces nomiinations qui ne lui coûtât des réflexions prolongées et fort pénibles. Aussi, chaque année, comme on le voit par sa correspondance, il ne terminait son travail qu'au dernier moment et demeurait ainsi sur les épines, jusqu'à la fin des vacances. « Je ne suis pas encore en mesure, écrivait-il à un supérieur, le 27 septembre 1846, de vous dire quelque chose de définitif au sujet de votre professeur de philosophie;

les difficultés surgissent à chaque pas, et c'est ce qui relarde ma pénible marche. »

Nous ne mentionnerons pas ici toutes les nominations qui furent faites par M. de Courson, durant les vacances de 1846; nous dirons cependant, en p^assant, que M. de Gambis fut nommé supérieur du séminaire de Bayeux, qu'il a gouverné seize ans avec beaucoup de succès; M. Galais devint supérieur du séminaire d'Issy ; M. Icard, aujourd'hui supérieur général de Saint- Sulpice, passa de la chaire de morale à celle de droit canonique, au séminaire de Paris; et M. Baudry, mort évêque de Périgueux, fut appelé de Nantes, où il enseignait la philosophie, au séminaire de Saint-Sulpice, où il professa d'abord le dogme et plus tard le grand cours. Le remplacement de ce dernier au séminaire des philosophes de Nantes offrait des difficultés spéciales, aussi M. de Courson choisit-il son successeur avec un soin tout particulier. Il disait à M. Cahier, en le lui faisant connaître : « Vous avez fait une grande perte, mais vous faites une excellente acquisition. J'ai cherché à remplacer M. Baudry par un sujet qui est un ange de piété, de douceur et de charité, et qui fera bien sa classe, si la trop grande défiance de lui-même ne lui nuit pas. Que Dieu fasse à M. Bertrand la grâce de ne pas céder à sa timidité, et vous aurez un très utile coopératcur^ »

1 M. Vital Bcrlraiid, originaire du Puy, où sa famille occupe un rang 1res honorable, méritait ù tous égards l'estime et l'affection que M. de Courson avait pour lui. Mort avant d'avoir atteint sa quarantième année , on peut cependant dire de lui , au sens de l'Écriture, qu'il a beaucoup vécu, tant les années de sa jeunesse et surtout celles de son sacerdoce furent fécondes en bonnes

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