‹ Vie de M. de CoursonChapitre 258 sur 336 · EN FRANCE ET SURTOUT AU CANADA · texte numérisé non relu

EN FRANCE ET SURTOUT AU CANADA

— DOULEUR qu'en RESSENT M. DE COURSON

Pendant sa retraite annuelle de 1846, M. de Courson avait particulièrement médite sur la confiance en Dieu et la dépendance entière où il devait toujours être à l'égard de ses adorables volontés. « Je me tiendrai, disait-il en terminant, dans un plus grand abandon à Dieu pour ce qui concerne les affaires de la Compagnie, modérant l'activité de mon imaginalion et les inquiétudes qu'elle produit. » En ce moment, il ne prévoyait pas que l'année 1847 lui préparait des épreuves et des angoisses qui rendraient bien nécessaire la résolution qu'il venait de prendre.

oîuvres. Après avoir enseigné la philosophie et la théologie dogmatique au séminaire de Nantes, il fut appliqué au service de la paroisse de Saint- Sulpice, à Paris, et là, comme on le lit dans la lettre mortuaire, il montra tout le dévouement d'un apôtre. Au Puy, où il mourut, son éloge était dans toutes les bouches.

Nous avons vu les déchirements de cœur qu'il éprouva à la mort de son évêque, de sa lantc et môme de quelques-uns de ses élèves. Depuis qu'il était supérieur général de Saint-Sulpice, il ne sentait guère moins vivement la mort de ses confrères. Faisant au mois de février 1846, la visite du séminaire d'Autun et apprenant, sans que rien l'y eût préparé , la mort de M. Gaillard, économe du séminaire de Rodez, il en fut si ému qu'il ne put retenir ses larmes '.Même aftliction lorsque, trois mois plus lard, rentrant à Paris, après la visite du séminaire de Viviers, il apprit coup sur coup la mort de UM. Clouet et Rocher, directeurs l'un à Nantes, l'autre à Bayeux. « Deux morts en moins de huit jours ! écrivait-il à M. Féret. Cependant, que la sainte volonté de Dieu soit faite! Tout le long du chemin, au retour de mon voyage, j'embrassais la croix, sans savoir quelle serait celle que Dieu m'avait préparée. Encore une fois, que Dieu soit béni de tout. Au milieu de notre douleur c'est une douce consolation de penser à ces chers amis que nous avons au ciel -. »

1 François Gaillard, du diocèse de Saint- Flour, n'avait pas quarante ans lorsqu'il mourut d'une angine. M. de Coursou l'estimait beaucoup à cause de ses excellentes qualités, et surtout de la douceur et de l'améuité qu'il savait mettre dans les rapports et les habitudes de la vie de communauté. Il espérait en faire plus tard un supérieur.

- Pierre Clouet, né à Suce, au diocèse de Nantes, le 10 janvier 1766, était presque arrivé, quand il mourut, au terme extrême que la nature semble fixer à la vie des hommes; mais ce grand âge n'ùta rien à la douleur qu'éprouva M. de Courson en apprenant sa mort. En lui il perdait un ami qui lui fut toujours très cher, à cause de sa grande vertu. Le séminaire de Nantes perdait beaucoup aussi, car sa vive foi , sa régularité, sa simpli-

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