CHAPITRE XXXVII
ses dispositions actuelles. « Il faut à Montréal, lui disait-il, un secours puissant, efficace : nous devons nous résigner à de grands sacrifices. Un mot donc, je vous prie. Dites-moi bien librement toute votre pensée sur Montréal et sur Angers. Dans le cas où vous inclineriez pour Montréal , faites tranquillement et promptement les préparatifs de voire voyage de Rome, et n-ous conviendrons plus tard de toute la suite de cette affaire. »
Ces derniers mots font allusion à une demande que M. Pélissier avait faite à son supérieur, en s'offrant, les années précédentes, pour la mission du Canada. M. de Courson désirait autant que lui ce voyage do Rome, qui devait attirer de nouvelles bénédictions sur la compagnie de Saint- Sulpice; voilà pourquoi, en 1847, il le presse de se mettre en route et lui recommande instamment de ne pas oublier ses frères, quand il sera dans la ville sainte : « Que la Compagnie, lui disait-il le IS août, vous soit toujours présente dans vos pieux pèlerinages, particulièrement aux tombeaux des saints apôtres et aux pieds du pape. — Si, comme je n'en doute pas, lui disait-il dans une autre lettre, vous êtes présenté an saintpère, mettez- nous tous à ses pieds; demandez-lui qu'il nous bénisse, qu'il bénisse particulièrement Montréal. Dites -lui que notre respect religieux, notre amour pour sa personne sacrée sont sans bornes. »
Pie IX accueillit M. Pélissier avec sa bonté ordinaire et donna de grand cœur les bénédictions sollicitées au nom du supérieur de Saint-Sulpice. M. de Courson fut vivement touché de l'intérêt que le vicaire de Jésus-Christ avait témoigne pour lui et pour
ses enfants en cette occasion. « Quelle consolation dans cette douce audience que vous avez eue du pape, écrivait-il à M. Pélissier! J'ai relu trois fois la relation que vous m'en faites. Ouvrons notre âme à une bénédiction donnée de si bon cœur. »