‹ Vie de M. de CoursonChapitre 265 sur 336 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

COMMENCEMENTS DE L'ANNÉE SCOLAIRE 1847-1848. M. DE COURSON MALADE A ISSY. — INTÉRÊT QU'IL PREND AUX MALHEURS DE ROME ET DE FRIBOURG. — SON RETOUR A SAINT -SULPICE

Ainsi s'écoulèrent, pour M. de Courson, les vacances de 1847 : de nombreuses inquiétudes, un travail continuel, nulle espèce de délassement. Il écrivait le 9 octobre à son excellent ami le curé de la Boissière : « Êtes-vous fâché de mon silence ? Ah ! ne m'en voulez pas. Si vous saviez dans quel travail incessant je me suis trouvé , vous me plaindriez. M. Martel vous aura raconté les pertes que nous avons faites. Il y a là, pour un pauvre supérieur, non seulement déchirement de cœur, mais encore grande difficulté, car il faut combler les vides que la mort a faits. Nos vacances touchent à leur fin, et voilà le moment d'ouvrir nos portes, nos bras et nos cœurs à une légion de trois cent cinquante séminaristes que la Providence nous envoie à Paris ou à Issy. »

Il était difficile que M. de Courson, dont la santé

n'avait jamais été forte, résistât longtemps à un genre de vie si accablant. On s'étonnait même qu'il eût pu, pendant deux ans et demi, supporter tant de fatigues ; plusieurs fois les directeurs qui l'entouraient le prièrent de se ménager davantage ; il ne pouvait s'y déterminer et, en face du travail, il ne consultait que son courage. C'est ce qui arriva en particulier à l'époque dont nous parlons. Par suite d'une rentrée si nombreuse et de la confiance toujours croissante que les séminaristes avaient en lui, il éprouva, dès les premiers jours, une fatigue d'estomac qui l'incommoda beaucoup. Cependant, grâce à son énergie, il put pendant quatre à cinq semaines suivre tous les exercices de la communauté, commencer l'explication du règlement, voir les anciens élèves qui voulaient s'entretenir avec lui, se mettre en rapport avec les nouveaux et tenir au courant sa correspondance.

Tout cela, on le comprend sans peine, exigeait de grands et continuels efforts. Le bon supérieur se sentait accablé ; mais dans la disposition où il était d'attribuer à sa lâcheté et à son peu de vertu les réclamations de la nature les plus légitimes, il se contentait de s'humilier et de recourir à Dieu. « Redoublez vos prières pour moi, disait- il à M. Féret. Il m'arrive souvent d'avoir le cœur bien serré et plus serré que jamais. C'est une preuve que l'amour de Notre- Seigneur, qui porte toujours à la souffrance, est bien faible en moi. »

Cependant, le dépérissement de sa santé frappait déjà tout le monde ; on commençait même à s'en alarmer. Seul il refusait d'en convenir. Dans une lettre commencée le 10 novembre, il s'encourageait

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