‹ Vie de M. de CoursonChapitre 267 sur 336 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Par suite de sa particulière confiance en Marie, il voulut aussi, ce jour-là, pourvoir au remplacement de M.Bony, supérieur du séminaire d'Aix. Son choix, qui tomba sur M. Mallègue, fut très heureux, comme le savent tous ceux qui ont connu ce digne ecclésiastique'.

Le repos que M. de Courson prit à la campagne ne fut pas de longue durée; encore était-il bien moins une cessation de travail qu'un changement d'occupations. « Me voilà à Issy, écrivait-il à M. Féret; on me séquestre. J'ai bonne volonté de me reposer, mais il yji des natures pour qui le repos n'est pas chose facile. Nous nous reposerons dans le paradis. Demandez pour cela à Notre -Seigneur qu'il me pardonne mes péchés. »

On avait enjoint à l'humble malade de prendre un secrétaire; il s'y soumit volontiers pendant quelques semaines; mais en acceptant, comme il l'avait déjà fait en d'autres circonstances, les services de M. Paillon pour la partie de sa correspondance relative à l'administration, il ne s'était pas beaucoup déchargé; restaient les lettres plus personnelles, plus intimes, et elles étaient nombreuses, car le désir d'être utile ne lui permettait pas, même depuis qu'il avait le gouvernement du séminaire et de la compagnie de Saint-Sulpice, de laisser une seule lettre sans réponse.

1 Jean-Baiihélemi Mallègue, né au Puy en 179o, était depuis vingl-scpl ans directeui' au séminaire d'Aix, quand, à la grande satisfaction de l'archevêque et du clergé de ce diocèse, M. de Courson le plaça à la tète de la maison. Il y est mort le 21 mai ISoi,

C'est surtout à écrire des lettres à ses confrères ou à ses amis que I\I. de Courson consacra les quelques jours qu'il passa à Issy. Dès le lendemain de son arrivée, il disait à M. l'abbé Richard, alors en Italie pour le rétablissement de sa santé : « Vous voilà de retour à Rome, et moi je suis exilé à Issy. On m'a condamné à cet exil par suite d'une petite maladie que je viens de faire. C'est le moment favorable de reprendre notre correspondance, et je m'en réjouis. »

M. de Courson attachait un intérêt tout particulier aux relations qu'il entretenait avec ce cher disciple, dont il avait, comme on l'a vu, décidé la vocation, fixé les incertitudes et dirigé les pas vers le sanctuaire. Plus tard, voyant l'état de faiblesse auquel il élait réduit à la suite de son séminaire, il le détermina à partir pour Rome, et pendant les trente mois que dura son séjour en Italie, il ne cessa de lui adresser, non seulement pour la direction de son âme, mais encore pour celle de ses études et le soin de sa santé, les conseils les plus sages et les plus paternels. « Vous reviendrez parmi nous, lui disait-il dans sa première lettre, plus fort de corps, plus fervent de cœur et aussi plus savanl; mais ce dernier point n'est pas celui auquel je liens le plus, et je crois que vous vous méprendriez sur le dessein de Dieu , si vous considériez le temps que vous allez passer à Rome comme un temps d'étude. Prenez en passant les moyens d'instruction qui vous sont offerts, mais ne vous y arrêtez pas trop, surtout ne vous y attachez pas. »

La correspondance qu'il entretenait avec le pieux malade avait pour j\I. de Courson, à l'époque où nous sommes arrivés , un autre genre d'intérêt.

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