‹ Vie de M. de CoursonChapitre 280 sur 336 · CHAPITRE XL Kl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL Kl

difficuté de dire sa manière de voir, et plus d'une fois on admira l'à-propos et la prudence de ses réponses.

Gela eut lieu, en particulier, quand il fut appelé devant la commission des hautes études. Cette commission , nommée par le comité de l'instruction publique, traitait, à propos du budget, la question des facultés de théologie. On avait déjà constaté le peu d'utilité de ces facultés, qui n'ont qu'un petit nombre d'élèves. M. l'abbé Sibour, représentant del'Ardèche et précédemment professeur à la faculté de théologie établie à Aix , avait dévoilé la vraie cause du peu de sympathie que le clergé montrait pour ce genre d'enseignement. « Cela tient, avait-il dit, à un vice de constitution. Ces facultés sont le produit d'un décret impérial : l'autorité spirituelle n'a pas été consultée, et, quoiqu'une part soit faite à l'évêque dans la nomination des professeurs, l'institution n'en est pas moins, pour la suite de ses actes, dans la main de l'université. En corrigeant, dans la constitution des facultés, dit- il par manière de conclusion, ce qu'il peut y avoir de défectueux, on pourrait en faire une grande et salutaire institution aussi utile à l'Église qu'à l'État. »

La commission, voyant l'importance de la question, décida qu'elle appellerait dans son sein, à la prochaine séance, quelques membres étrangers au comité. Par suite de cette décision, M. Dupin et l'abbé de Cazalès , membres de l'Assemblée nationale, M. Glaire, doyen de la faculté de théologie, et M. de Gourson, supérieur du séminaire de Saint -Sulpice, prirent part à la séance suivante.

Invité à exposer son opinion, M. l'abbé Glaire con-

vint que, dans le moment actuel, les facultés de théologie rendaient peu de services; mais il crut en trouver la cause ailleurs que dans la constitution même de ces facultés. « Elles seraient utiles, dit-il, si elles étaient rappelées au but de leur institution, dont elles se sont un peu écartées. Ce but est le haut enseignement ecclésiastique, enseignement donné non aux laïques, mais aux clercs '. » Sur quoi M. le doyen fit observer qu'avant 1814 l'assistance aux cours de la faculté de théologie était obligatoire pour les élèves, du séminaire diocésain; mais que depuis, cette obligation n'existant plus, on ne les y a vus qu'en très petit nombre et qu'enfin, depuis plusieurs années, pas un seul n'y avait fait acte de présence. « Je laisse au vénérable supérieur de Saint-Sulpice, dit-il en terminant, à expliquer ce changement. »

M. de Courson, un peu surpris d'une interpellation si directe et à laquelle il était loin de s'attendre, ne laissa pas de donner avec beaucoup de calaie, de bienv/.'illance et de netteté les explications demandées. 11 dit d'abord qu'il n'y avait jamais eu d'antagonisme entre l'enseignement des séminaires et celui des facultés; que le plus grand désir des prêtres chargés de l'éducation des jeunes clercs serait de voir leurs élèves couronner, par la fréquentation des cours de la faculté de théologie, l'enseignement qu'ils leur donnent eux-mêmes, mais qu'il n'était pas en leur pouvoir de les y obliger. « Cet enseignement étant un enseignement supérieur, ajoutait- il, en rappelant avec à-propos les expressions mêmes du zélé doyen,

1 L'Ami de la Religion, t. CXXXVIII, p. S66, S67.

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