‹ Vie de M. de CoursonChapitre 281 sur 336 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

il est absolumenl nécessaire, pour que les auditeurs en puissent profiter, qu'ils possèdent déjà les éléments de la science sacrée. Or, qui ne voit que, pour cette étude élémentaire de la théologie, du droit canonique et de l'Écriture sainte, le temps du séminaire est malheureusement à peine suffisant ? Il n'est donc pas étonnant que les jeunes ecclésiastiques ne puissent, pendant ces années trop courtes qu'ils passent au séminaire, suivre les cours de la faculté de théologie, et on ne peut que leur conseiller de les fréquenter a'^rès leur sortie de la maison. »

La commission parut satisfaite des explications du vénérable supérieur, et dans la séance suivante, où l'on entendit l'évêque de Langres, il ne fut nullement question de faire fréquenter les cours des facultés actuelles par les jeunes séminaristes. Loin de proposer une pareille mesure , M^^'" Parisis montra que les facultés de" théologie ne pouvaient que rester stériles, tant qu'on ne recourrait pas au saint- siège pour les organiser régulièrement. « Jusque-là, dit-il, elles n'auront pas d'auditeurs et notamment pas d'auditeurs ecclésiastiques, parce que, d'une part, elles n'inspirent pas assez de confiance et que, de l'autre, elles n'obligent pas la conscience. « La commission délibéra encore plusieurs fois sur le même sujet, mais il ne fut rien changé à l'organisation des facultés.

Malgré tant d'affaires importantes auxquelles sa situation à Paris l'obligeait de s'appliquer, M. de Courson ne négligeait pas les besoins des séminaires de province confiés à sa Compagnie. Rien ne lui aurait été plus agréable que de les visiter en ces temps calamiteux : « Les circonstances, disait-il à un direc-

teur du séminaire de Toulouse, ne me le permettent pas, et c'est un grand sacrifice pour mon cœur, qui se dilate auprès de nos confrères et qui est bien serré au milieu de notre agitation de Paris. » Ne pouvant donc continuer ses visites, à cause de l'état de crise où se trouvaient la France et surtout la capitale, il y suppléait par une correspondance plus active, priant qu'on l'informât de tout et répondant sans délai aux consultations qui lui venaient en grand nombre. « Vous comprenez, écrivait-il le 10 mai 1848, qu'il est difficile, qu'il est même impossible que je n'éprouve pas de peine et beaucoup de peine en voyant votre souffrance et les misères, hélas! trop réelles, qui en sont la source. Ne cherchez pas à m'épargner cette peine par un silence qui ne ferait que l'accroître. Je suis ainsi fait ; mes maux les plus accablants sont ceux qui résultent des misères dont je sais l'existence, mais que je ne connais que d'une manière générale et confuse. »

Ce désir de M. de Courson était pleinement satisfait : chaque nouvelle difficulté (et l'on sait combien dans ces temps troublés il en surgit d'inattendues) lui était fidèlement soumise. Il répondait à un supérieur qui s'excusait de lui écrire si souvent : « Je voudrais vous lire et vous entretenir tous les jours ; dans les moments de souffrance, les rapprochements font tant de bien. » En même temps il encourageait, donnait les plus sages avis et faisait ces souhaits si chrétiens que l'on trouve ordinairement dans ses lettres : « Que Notre-Seigneur soit toujours notre lumière, qu'il nous accorde la sagesse, la prudence, la discrétion que les circonstances exigent de nous. »

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