‹ Vie de M. de CoursonChapitre 285 sur 336 · CHAPITRE XL ri · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL ri

sait-il encore, ils seraient insupportables, si notre regard ne s'élevait pas vers Dieu, si nous n'adorions pas ses desseins cachés, mais toujours remplis pour nous d'une miséricorde infinie. »

On l'a déjà dit, M. de Gourson se préoccupait peu de lui-même; sa pensée se portait uniquement sur les jeunes ecclésiastiques confiés à ses soins et sur les dangers qu'ils couraient pendant ces jours de tempête révolutionnaire; et cependant il se reprochait même cette inquiétude. « Voilà que ma charge va s'alléger, disait-il, la veille de la Saint-Jacques; cinquante jeunes gens de moins, c'est un vrai soulagements Attendons le 15 août et surtout attendons la bienheureuse éternité. Mon Dieu! que je suis lâche! et quelle horreur je ressens pour l'mquiétude et la peine ! Est-ce la disposition d'un disciple de la croix et d'un prêtre de Jésus-Christ ? »

Les vacances lui apportèrent enfin un peu de tranquillité. « Nous voilà à l'ombre de Lorette, écrivait-il, nous nous y reposons un peu. » Cependant, même à Issy, les occupations ne lui manquaient pas. Il se plaignait le 27 août de ne pouvoir trouver quelques jours pour finir sa retraite, que les événements de juin avaient interrompue. Les circonstances, il est

1 Avant 1846, les vacances du séminaire de Saint- Sulpice ne commençaient que le 16 août et finissaient à la Saint-Denis; mais plusieurs élèves étaient obligés, par des raisons de santé, de devancer; pour rentrer dans leur famille, l'époque réglementaire ; il en résultait un dérangement notable pour la communauté. M. de Gourson fit régler qu'il y aurait, le 2o juillet, fête de saint Jacques, une première sortie pour ceux qui ne pouvaient attendre le '16 août, et celte sortie anticipée était précédée de l'examen semestriel.

vrai, diminuèrent cette année le nombre des retraitants venus de la province pour se retremper à la Solitude et auprès de leur supérieur; mais, par contre, la correspondance que M. de Gourson entretenait avec eux devenait plus active ; l'avenir paraissait trop sombre pour qu'on ne sentît pas un plus ardent désir d'être dirigé et encouragé par cet excellent père. « Quel bonheur d'avoir M. de Gourson pour supérieur! disait un des directeurs du séminaire d'issy, qui était en vacances : la moindre parole d'édification qui me vient de lui ne manque jamais de réveiller mon âme endormie dans sa négligence. Que le bon Dieu nous conserve longtemps ce bon père ! »

Ce fut pour M. de Gourson une privation très sensible que de ne pas voir autour de lui ce concours de confrères qui, d'ordinaire, lui était une si chère consolation ; mais la prudence lui avait fait un devoir de ne permettre que les voyages de nécessité. « J'engage généralement, écrivait-il, à n'entreprendre cette année que les voyages indispensables, parce que la solitude de nos séminaires est favorable à la prière-et à la pénitence, qui sont les obligations du moment ; d'ailleurs les incertitudes de l'avenir exigent que nous ménagions les ressources de la Gompagnie et que nous retranchions sévèrement toutes les dépenses superflues. »

Toutefois, en donnant ces conseils d'économie, que les circonstances ne justifiaient que trop, M. de Gourson n'entendait pas retrancher la moindre chose aux soins que réclamait la santé des directeurs. « L'avis du médecin de M. X..., disait-il à un supérieur de séminaire, étant aussi nettement prononcé,

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