‹ Vie de M. de CoursonChapitre 287 sur 336 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

s'était trouvé en état de le remplacer; mais la pénurie de sujets qui se fit sentir encore cette année à Saint- Sulpice , mit celui-ci dans l'impossibilité de se rendre aux instances qui lui étaient faites. M. Helly' se résigna donc encore une fois avec la docilité d'un enfant ; bien plus, craignant par son insistance d'avoir centriste son bien- aimé supérieur, il lui envoya, au moment de quitter Paris, une lettre d'excuses : « Je n'ai rien à vous pardonner, répondit M. de Gourson, pardonnez-moi vous-même ma cruauté, qui est mon supplice. Je me livre tout entier à la justice de Dieu pour souffrir et pour faire souffrir. Faire souffrir ! c'est là surtout que je me trouve faible. Pourquoi, ajoutait-il, craignez -vous tant de me donner de l'embarras? Je suis fait pour cela. Sortir d'une difficulté pour tomber dans une autre, n'est-ce pas là ma vie ? »

A Rodez, le supérieur du séminaire, épuisé de bonne heure par un travail opiniâtre, demandait avec instance à être remplacé ; sa faible santé ne suffisait plus aux occupations d'un tel emploi. M. de Gourson se rendit à ses désirs et fut assez heureux pour trouver sur les lieux un excellent successeur qui, pendant vingt- neuf ans, a très bien gouverné cette importante maison '.

1 M. Helly gouverna le séminaire d'Angers pendant huit ans. Une attaque de paralysie l'ayant frappé en 1856, il rentra au séminaire de Saint-Sulpice, où il mourut le 11 juin 1863. 11 était né, en 1797, dans le diocèse de Viviers.

2 Benoît Georjon, qui succéda à M. Merle dans le gouvernement du séminaire de Rodez, travaillait déjà depuis dix- huit ans dans cette maison quand il fut nommé supérieur. 11 y est mort à l'âge de soixante-onze ans, le 30 mai 1877. Ms^ Bourret

Vers la fin de septembre, lorsque ses plans pour l'organisation des séminaires furent à peu près arrêtés, M. de Gourson consentit enfin à prendre deux ou trois jours de repos. Il écrivait de Gisors, le 28 septembre : « Je suis venu passer un jour plein chez un de mes parents, en Normandie ; c'est une ordonnance de M. Houssard, ajoutait-il avec sa grâce ordinaire. » Le bon supérieur appelait cette excursion le temps de ses grandes vacances. De retour à Issy, il eut à s'occuper très activement de la prochaine rentrée du séminaire de Saint-Sulpice. 11 ne l'envisageait pas sans quelque inquiétude, à cause de l'agitation qui régnait toujours dans les esprits. Contrairement à toutes les prévisions, la communauté allait se trouver nombreuse ; elle dépassa le chiffre de deux cents. « Vous nous aimez, écrivait -il à M. l'abbé Richard, invoquez pour nous la très sainte Vierge; qu'elle nous donne le degré de tranquillité nécessaire à nos exercices; surtout, qu'elle nous préserve de la tiédeur au service de son Fils adorable. »

a fait un bel éloge funèbre de ce sage et bon supérieur, qui, pendant quarante-sept ans , consacra tous ses efforts à la formatioa du clergé de son grand diocèse.

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