CHAPITRE XLI
DERNIERS MOIS DE 1848. — SECONDE TOURNÉE DE VISITES. — CONCILE DE PARIS
L'année scolaire qui commençait ne devait pas être aussi agitée que la précédente, elle fut loin cependant d'offrir cette parfaite tranquillité dont les séminaires auraient besoin pour accomplir leur œuvre. Celui de Saint-Sulpice, contrairement à ses habitudes, dut prendre part à plusieurs cérémonies, dont le caractère n'était pas exclusivement religieux. Le 12 novembre, il se rendit sur la place de la Concorde pour la promulgation de la nouvelle constitution. Même cérémonie le 4 mai 1849, pour l'anniversaire de la proclamation de la république. On comprend que ces sorties, toujours un peu dissipantes, n'étaient pas très agréables à M. de Courson ; cependant , il ne voyait pas sans consolation la place que l'on donnait à la religion dans ces manifestations politiques, et il ne faisait nulle difficulté d'y conduire sa communauté.
Le séminaire de Saint-Sulpice, ayant à sa tête son
vénérable supérieur, assista aussi, dans les premières semaines d'octobre 1848, à la réception du nouvel archevêque de Paris. La cérémonie fut très solennelle et laissa dans le cœur des assistants les plus favorables impressions. Une foule nombreuse et avide de voir les traits de son nouveau pasteur occupait la vaste nef de la métropole et débordait à l'extérieur. « Le peuple surtout, disait M. de Riancey, dans VAmi de la Religion, ce peuple pour qui M*'"" Affre s'est offert en victime, ce peuple à qui M«^ Sibour a réservé, avec tant d'expansion et d'amour, les plus délicates tendresses de sa charité, ce peuple était là avec son empressement naïf et sa simplicité. Jamais épiscopat, ajoutait M. de Riancey, ne commença sous dos auspices plus favorables. Dieu fera le rester »
M^"" Sibour conserva le titre et les fonctions de vicaire général à M. de Courson,qui se fit un devoir d'assister au conseil archiépiscopal et d'aider le nouvel archevêque de tout son pouvoir. « Il a un terrible fardeau, disait-il en gémissant; que Dieu soit avec lui. »
Une préoccupation plus pénible encore remplissait en ce moment l'âme du vertueux supérieur: « Les douleurs de Pie IX, disait-il, nous font oublier les nôtres. « Le vicaire de Jésus-Christ, après avoir été porté en triomphe dans les rues de Rome, s'était vu l'objet de la haine de quelques sujets rebelles, qui assassinèrent son ministre et l'obligèrent lui-mêmede sortir de ses Élals. « Pauvre pape, disait M. de Gourson à cette nouvelle ; il est la plus vive image de
1 L'Ami de la Religion , t. CXXXIX, p. 167.