‹ Vie de M. de CoursonChapitre 290 sur 336 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

de M^^'de Hercé fut partagée par tout le clergé de Nantes, mais nul ne vit cette nomination avec plus de contentement que M. de Gourson : « Vous savez, écrivait-il à un de ses amis, ce que Dieu a fait pour notre cher diocèse de Nantes; c'est une merveille de miséricorde et d'amour. » Il se plaisait à attribuer la conclusion de cette affaire à la très sainte Vierge, qu'il n'avait cessé de prier et de faire prier pendant les trois jours que dura la négociation avec le gouvernement*.

Il allait bientôt avoir occasion de se retrouver dans ce beau diocèse de Nantes, toujours si cher à son cœur, car l'apaisement des esprits qui s'était fait dans la capitale, depuis la nomination du président, devait lui permettre prochainement de reprendre le cours de ses visites, et le séminaire de Nantes se trouvait dans ses plans.

Après avoir donc, par l'explication du règlement elles autres moyens dont on a parlé, donné l'impulsion convenable à la communauté, il partit pour Reims et commença par la visite du séminaire de cette ville la nouvelle tournée qu'il entreprenait. Son premier sentiment , quand il se vit au milieu de ses confrères , fut celui de la reconnaissance ; il se plaisait à leur dire combien grande était la satisfaction qu'il éprouvait, en les revoyant après tant de com-

1 La préconisation de Ms>-' Jaquemet se fit attendre assez loûgtcmps , par suite des malheureux événements de Rome ; elle eut lieu enfin dans le consistoire secret tenu à Gaëte le 2 avril 1849, et le sacre se fit à Bordeaux le 29 juillet suivant. Bientôt nous aurons occasion de faire connaître l'estime et l'alTection que ce sage prélat professait pour M. de Courson.

motions politiques ; mais il insistait particulièrement sur la merveilleuse protection dont la Providence avait couvert le séminaire de Saint- Sulpice, et il en tirait un nouveau motif de se renouveler dans l'esprit de la Compagnie.

Mais parmi les visites que fit M. de Gourson, dans les premiers mois de 1849, aucune, on le comprend, ne pouvait réjouir son cœur comme celle des deux séminaires de Nantes. Depuis que la maladie l'avait obligé, dans les premiers jours de 1844, à quitter inopinément celte ville, il s'était constamment refusé la satisfaction d'y revenir, sauf dans une occasion où ses affaires personnelles l'obligèrent d'y faire un voyage ; mais alors il n'y passa que très peu de temps, et encore, au lieu de la consolation que ce retour dans son pays natal semblait lui promettre, il y éprouva une des plus sensibles afflictions qu'il ait ressenties en sa vie '. Il n'en fut pas de même en 1849 :

1 M. de Courson n'était que depuis deux jours au milieu de ses confrères et de ses anciens élèves de Nantes, lorsque la fièvre typhoïde se déclara au grand séminaire. Elle ne tarda pas à pénétrer aussi dans la maison de philosophie, et l'on compta bientôt un nombre considérable de malades dans les deux établissements. Volontiers le bon supérieur serait resté à Nantes pour prendre sa part des angoisses de ses confrères et du danger qui les menaçait; mais le devoir l'appelait au séminaire de Saint-Sulpice, et il y rentra. Toutefois, de Paris, il suivit jour par jour les progrès de la maladie et ressentit le contre-coup de toutes les douleurs que, pendant plusieurs semaines encore, elle fit éprouver à ses chers enfants de Nantes, parmi lesquels il y eut plusieurs victimes. <i Nous partageons tous ici votre peine, écrivait- il à M. Cahier, et moi plus que personne. J'en suis tout déchiré. Je me mets bien des fois le jour aux pieds de Notre -Seigneur et de sa sainte Mère, lui demandant miséricorde. J'ai commis tant de péchés à Nantes qu'il peut bien se faire que ce fléau en soit le châtiment. «

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