‹ Vie de M. de CoursonChapitre 292 sur 336 · CHAPITRE XLl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLl

en passant les séminaires de Clermont et de Bourges. Partout il exhorta vivement les directeurs à redoubler de zèle pour former des prêtres saints et exemplaires. « Nos obligations augmentent, leur disait-il; le clergé est très attaqué dans sa foi, ses mœurs et sa hiérarchie ; une piété ordinaire ne suffit plus. »

Cependant le choléra sévissait toujours à Paris. Ses ravages, il est vrai, étaient bien moins affreux qu'ils ne le furent en 1832, mais il ne laissait pas de faire beaucoup de victimes. Pour ne pas effrayer la population, M^"" Sibour s'abstint pendant plusieurs mois d'ordonner des prières publiques, mais il en prescrivit enfin, le 19 mai, par une circulaire adressée au clergé de son diocèse. Ces prières n'obtinrent pas d'abord la cessation du fléau, qui sembla même un instant redoubler d'intensité. C'est ce qui détermina l'archevêque à prescrire une neuvaine solennelle en l'honneur de la patronne de Paris. A dater du 9 juin jusqu'au 18, chaque matin, à neuf heures, une messe votive à laquelle on inviterait les pieux fidèles devait être célébrée à Saint-Étienne-du-Mont, devant le tombeau de sainte Geneviève; le dernier jour, procession solennelle à la métropole, avec les reliques de la sainte patronne de Paris , et puis la messe votive célébrée pontifîcalement par l'archevêque lui-même. Celte messe du 18 juin devait être pareillement célébrée dans toutes les églises et chapelles du diocèse.

Obligé de quitter Paris pour la visite des séminaires de Coutances et de Bayeux, la veille même du jour où s'ouvrait la neuvaine, M. de Courson s'unit de toute son âme aux prières et pratiques indiquées.

« Hier, écrivait- il le 11 juin, j'ai commencé la neuvaine ordonnée par M^"" l'archevêque. Je m'unirai à MM. Carbon et Carrière aux pieds de sainte Geneviève, comme je m'unis à MM. Laloux et Malzac au chevet des cholériques. Payons notre dette de charité et de dévouement. Je suis persuadé que plusieurs de nos jeunes prêtres sont tout disposés à aller à Saint- Laurent et partout où on les enverra. Il me semble que je serais heureux de marcher devant eux '. »

M. de Courson ne s'associait pas seulement aux prières et aux bonnes œuvres de ses confrères du séminaire de Saint- Sulpice, il partageait toutes leurs inquiétudes. Avant de quitter Paris, il avait demandé instamment qu'on le tînt fidèlement au courant de tout, et, relativement au choléra en particulier, il voulait qu'on ne lui laissât rien ignorer absolument. « Vous ne sauriez croire, disait-il à un directeur du séminaire de Saint-Sulpice, le soulagement que vos deux premières lettres m'ont donné; rien d'aussi cruel pour une tête comme la mienne, pour un cœur comme le mien, que d'ignorer. Je recommande sans cesse la maison à la très sainte Vierge, en qui je mets ma confiance. Cette prière est mon repos quand je regrette et me reproche d'être sorti de Paris. »

1 Me'' Sibour avait désigné MM. Carbon et Carrière pour dire la messe votive à sainte Geneviève les derniers jours de la neuvaine. MM. Laloux cl Malzac, directeurs au séminaire de Saint- Sulpice, étaient allés à TIIÙtel-Dieu, où le besoin de prêtres se faisait sentir pour administrer les cholériques. On s'attendait à ce que la même demande serait faite pour Saint-Laurent, où le fléau sévissait avec intensité. Plusieurs s'offraient pour y aller; mais, le choléra ayant sensiblement diminué pendant la neuvaine, on n'eut pas à les y envoyer.

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