‹ Vie de M. de CoursonChapitre 293 sur 336 · CHAPITRE XLI 54S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI 54S

Le choléra, toujours redouté pour le séminaire, n'était pas la seule cause du regret qu'exprime ici le vénérable supérieur. Il venait à peine de quitter la capitale que la démagogie fit une nouvelle tentative pour renverser le pouvoir. A la vérité, elle n'aboutit qu'à couvrir ses auteurs de confusion, le général Changarnier les ayant culbutés et dispersés en un clin d'œil ; mais M. de Courson n'en fut pas moins livré, pendant un jour ou deux, à une vive inquiétude. « Cette nouvelle crise de notre révolution, écrivait-il à une de ses parentes, ne m'a exposé à aucun danger, puisque je n'étais pas à Paris ; je n'en ai pas moins souffert, car je ne puis me faire à l'idée de n'être pas à mon poste, au moment du péril. »

En rentrant à Paris, vers la fin de juin, M. de Courson fut bien consolé de voir cette ville entièrement délivrée du choléra ; sainte Geneviève n'avait pas été invoquée en vain. La capitale jouissait d'ailleurs d'une assez grande tranquillité depuis la journée du 13 juin. L'année scolaire s'acheva donc pour le vénéré supérieur sans trop de fatigue et d'inquiétude. « Ma santé est très bonne, écrivait-il le 12 juillet. Il faut que je la ménage pour le travail des vacances. «

Ce temps, toujours très fatigant pour lui, quoique destiné au délassement des autres, devait, en 1849, lui apporter un surcroît de travail sous lequel il allait succomber. M^'' Sibour venait de convoquer le concile de sa province pour la mi-septembre, et avait choisi pour les assemblées le séminaire de Saint-Sulpice, disant « que c'était pour une réunion sainte un lieu saint, plein de silence, de paix, de doctrine et

de piété, où l'on respire la bonne odeur de Jésus- Glirist ' »,

M. de Gourson est inscrit le premier parmi les théologiens de l'archevêque de Paris. M. Carrière, comme lui vicaire général, vient le second. Trois autres prêtres de Saint- Sulpice entrèrent aussi au concile: M. Icard, comme théologien de l'évêque de Versailles; MM. Benech et Gallais, comme théologiens de Ms'" Dupanloup, évêque nommé d'Orléans. Deux pères jésuites d'un mérite éaiinent, le P. de Ravignan et le P. Rubillon , apportèrent aussi le concours de leur savoir à la vénérable assemblée. Le supérieur des Missions étrangères, le supérieur des PP. de la Miséricorde, le R. P. Libermann, le P. Lafaye, de la société des Sacrés-Cœurs, s'y trouvaient pareillement-.

Nous n'avons que très peu de détails sur la part

1 Décret, ind., p. 7.

2 On comptait encore, parmi les théologiens qui aidèrent les rcvérendissimes prélats dans la préparation de leurs nombreux et sages décrets, plusieurs ecclésiastiques honorés plus tard de la dignité épiscopale : MM. Buquet, Léon Sibour, Ravinet, Gerbet et Marel. MM. Gaume, Trévaux, Burat, Dedoue, Baulain, Glaire, Corbière, Lequeux et quelques autres, tous prêtres distingués, complétaient cette vénérable assemblée, qui formait cinq congrégations : \> la congrégation des décrets, sous la présidence de l'évêque de Blois et la vice-présidence de M. Carrière; 2» la congrégation de la discipline, présidée par Ms^ de Meaux, et, en son absence, par M. de Courson ; 3° la congrégation du droit canonique, président, l'évêque de Versailles, vice -président, M. Lequeux; 4° la congrégation des études ecclésiastiques, que présidait Ms' Dupanloup, et, en son absence, le P. de Ravignan; 5° enfin la congrégation des faux mystiques, présidée par M. Parquet, délégué de l'évêque de Chartres; vice -président, M. Gaume.

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