‹ Vie de M. de CoursonChapitre 294 sur 336 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

que M. de Courson prit à ce mémorable concile. Le modeste supérieur parla rarement dans les congrégations; peut-être même n'y prit- il qu'une fois la parole, et ce fut au sujet des études ecclésiastiques, sur lesquelles il avait déjà eu occasion de dire sa pensée devant la commission des hautes études. Nous croyons retrouver le fond des idées qu'il développa en ces deux circonstances, dans une lettre adressée, le 15 novembre suivant, à M. Albouys, supérieur du séminaire de Viviers. « La question des études ecclésiastiques, lui disait -il, est des plus graves parmi celles qui sont soumises en ce moment aux conciles provinciaux. Je trouve que les pensées de M^'^ de Viviers, sur ce point, sont parfaitement sages. M^"" Guibert a vécu dans les séminaires et il connaît le terrain. Il sait ce que sont nos enfants, quand ils nous arrivent; il sait combien est court le temps qui nous est donné pour les instruire, et quels inconvénients résulteraient pour leurs études essentielles, si noua surchargions leur esprit par une trop grande diversité dans l'objet de leur application ; il sait que ces enfants sont destinés, pour la plupart, à passer leur vie dans le modeste ministère des paroisses de campagne, et que les éludes élevées ne peuvent avoir de succès qu'à la suite de bonnes études élémentaires. C'est à ces études élémentaires que doit être consacré l'enseignement des séminaires, et ce n'est qu'après que les cours en sont achevés que Nosseigneurs les évêques pourront avantageusement engager les sujets choisis à suivre des cours supérieurs, si la divine Providence leur en offre les moyens. »

« Généralement, ajoute M. de Courson, on désire

que nous ajoutions à noire enseignement purement théologique quelques nouveaux cours destinés à le compléter. Je ne vois pas d'obstacle à cette amélioration, si on la renferme dans des limites convenables, en rapport avec le temps dont nous pouvons disposer, et la capacité commune de nos jeunes gens. Je crois que nous devons défendre, avec modestie et fermeté, l'usage de la langue latine et delà forme syllogistique, dans nos cours de philosophie et de théologie. »

C'est en vue de faire prévaloir ce dernier point que M. de Courson prit la parole dans une des congrégations générales, et nous croyons qu'on retrouve sa pensée au chapitre I , titre iv, des décrets du concile. Il y est dit, en parlant des professeurs qui, dans les grands et les petits séminaires, sont voués à l'éducation de la jeunesse cléricale : «Qu'ils emploient tous leurs efforts à conserver et à mettre en honneur l'étude et l'usage des langues anciennes, surtout de la latine, qui est celle de l'Église, et l'instrument de la science catholique. Qu'aucun élève ne soit censé avoir achevé le cours de ses études classiques, s'il ne possède l'intelligence pleine et parfaite de cette langue. C'est pourquoi surmontant toute difficulté, maîtres et élèves parleront latin, quelquefois en rhétorique, toujours ou presque toujours dans les exercices de philosophie et de théologie '. »

M. de Courson présidait fréquemment les séances delà commission dont il faisait partie, M^ Allou,qui en était président, se trouvant occupé ailleurs. « Je n'oublierai jamais, dit un des théologiens qui faisait

» Décret, concil., p. 107.

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