‹ Vie de M. de CoursonChapitre 296 sur 336 · CHAPITRE XLI S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI S

pas s'y opposer et avait même pris le parti de les autoriser toutes pour l'année 1849 , par un motif d'utilité générale*. Il n'en fallait pas davantage pour que, dans toutes les provinces, on se mît à l'œuvre.

M. de Courson n'avait pas cru que Saint -Sulpice dût refuser son concours au concile de la province de Paris; mais il ne vit pas sans quelque répugnance que les prêtres de cette Compagnie fussent invités aux conciles qui devaient se tenir hors de leurs maisons. Rien n'est sage et modeste comme les considérations qu'il faisait dans ces occasions. Il disait le 27 octobre au supérieur du séminaire de Viviers, que M^'' Guibert désirait conduire au concile d'Avignon : « L'assistance aux conciles provinciaux nous présente bien des difficultés et nous donne de grands embarras, lorsque ces conciles ont lieu pendant la durée de nos exercices ou ailleurs que dans notre résidence. Nos emplois, en effet, demandent que nous soyons dans nos séminaires, et l'absence du supérieur

• On trouve, dans l'histoire du concile de Paris, de curieux détails sur cette permission accordée par le gouvernement. On y voit que l'archevêque de Paris n'avait fait aucune démarche auprès du ministre des cultes avant de convoquer son concile. A la veille du jour où il devait s'ouvrir, le conseil des ministres, dont la maladie tenait M. de Falloux éloigné, jugea qu'il ne fallait pas que l'assemblée des évêques eût lieu sans l'autorisation du gouvernement. En conséquence, M. Lanjuinais, ministre des cultes par intérim, alla à Saint -Germain pour offrir cette permission à M?f Sibour. L'archevêque de Paris n'ayant pas voulu convenir que cette autorisation fût nécessaire, le gouvernement prit le parti de donner de lui- même une autorisation générale. « Le gouvernement, ajoute l'ouvrage que nous citons, crut ainsi sauvegarder ses droits : les évêques, qui avaient sauvegardé les leurs en ne demandant rien, se turent et continuèrent à préparer leurs conciles. » {Décréta concil.; Paris, p. 2L)

OU des directeurs ne peut manquer d'y avoir de graves inconvénients. Faites donc tout votre possible pour que M*"* de Viviers choisisse un autre théologien pour le concile d'Avignon. Si le prélat insiste et ne trouve pas à se pourvoir d'une autre manière, vous céderez , mais en maintenant nos règles et en disant que cette absence, pendant l'année, ne pourrait pas se renouveler pour les conciles suivants. »

M. de Courson n'insista pas cependant sur ce point, et, voyant que les évêques, dans la circonstance présente, n'avaient pu, à leur gré, fixer l'époque de leurs conciles, il permit à quelques directeurs de répondre à l'invitation qui leur était faite, malgré le déplacement qui devait s'ensuivre. « J'ai dû faire le même acte de résignation pour ne pas affliger M»'' d'Angers , disait-il au supérieur du séminaire de Viviers, en lui accordant la permission de suivre M^'' Guibert à Avignon ; M. Helly est au concile de Rennes et M. Carrière aussi ; ce dernier sacrifice est, sous plusieurs rapports, celui qui m'aie plus coûté.»

Ces derniers mots font surtout allusion à la répugnance qu'avait M. de Courson pour tout ce qui pouvait tirer les prêtres de Saint- Sulpice de la vie humble, cachée et retirée, qui est leur élément : « Il faut , disait-il à M. Albouys, que nous nous montrions partout très attachés à notre obscurité, à notre retraite, à notre œuvre. Si vous êtes obligé d'aller au concile d'Avignon, vous vous tiendrez dans la réserve qui nous convient, ne prenant aucune initiative et traitant les questions dans un grand esprit de modération. »

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