‹ Vie de M. de CoursonChapitre 300 sur 336 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

gneur, relevez votre courage et dévouez -vous plus que jamais au bien de cette maison où vous travaillez depuis si longtemps.

« Mon cher et respectable confrère , le séminaire de Baltimore avait besoin d'être visité ; il est si éloigné de la maison mère , si exposé aux influences du monde, si exposé encore à être détourné de son objet essentiel, par les bonnes œuvres étrangères à notre vocation, dans un pays de mission, que celte mesure était devenue absolument nécessaire. Or, la visite devant avoir lieu, il fallait qu'elle fût sérieuse et efficace dans ses résultats. C'est ce qui vous explique le soin que nous y donnons et le long temps que nous y consacrons. Oui , je vous le dis avec sincérité, de cette visite dépend tout l'avenir du séminaire de Baltimore. Si elle réussit, tout est gagné; l'œuvre de M. Émery sera bénie du Ciel, elle se perpétuera, et les Églises d'Amérique en recueilleront les fruits; si elle est manquée, la maison périra. Oh ! que vous auriez grand tort de supposer que nous ne tenons pas à cette maison ! Je vous le proteste, nous voulons la conserver ; mais nous ne pouvons la conserver que dans les conditions essentielles à son existence.»

M. de Courson remercie ensuite M. Deluol de ce qu'il a déjà fait en faveur de la visite et en particulier de sa bonne lettre au supérieur de Saint- Lazare, pour se décharger des fonctions de visiteur des sœurs de Saint- Joseph, dont la congrégation de la Mission acceptait la conduite, en les unissant aux sœurs de la Charité. 11 le remercie encore du concours qu'il a donné aux visiteurs dans la grave question du vestiaire, « question vitale, ajoute le sage supérieur, et

dontla solution me donne les meilleures espérances'.» M. de Courson insistait ensuite pour obtenir que M. Deluol, malgré ses répugnances, aidât les visiteurs dans toutes leurs opérations : « Aucun de vos services passés, lui disait -il, aucun de vos services présents ne sort de ma mémoire, soyez-en persuadé, et c'est ce souvenir même de vos services et l'attachement que vous avez pour nous qui me donnent l'entière confiance que vous nous aiderez de tout votre pouvoir, et sans tenir compte de vos répugnances, dans les mesures que nous jugeons nécessaires pour le bien du séminaire de Baltimore. »

Cependant, M. Deluol, toujours préoccupé de la pensée qu'on ne pouvait, en France, se rendre bien compte de la situation des choses, hésitait toujours, malgré sa parfaite docilité, à entrer dans les vues et les désirs de son supérieur. Ses lettres étaient rares et portaient l'empreinte de la peine et du découragement. « Le dernier courrier, lui disait M. de Courson, au commencement de septembre, ne m'a rien apporté de vous. J'en ai du regret, car votre dernière lettre

1 Depuis 1810, l'usage s'était établi, au séminaire de Baltimore, qu'au lieu de fournir aux directeurs les vêtements nécessaires, on leur donnait une somme déterminée pour y pourvoir. Cette pratique était trop opposée aux vues de M. Olier, aux décisions formelles de M. Tronson et à l'esprit de parfait désintéressement qui a toujours été recommandé aux prêtres de Saint- Sulpice, pour que M. de Courson n'exigeât pas que la règle commune fût remise en vigueur. Elle le fut, en effet, et dix ans plus tard M. Paillon disait : « Cette mesure, aussitôt exécutée, a été observée fidèlement depuis, tant au séminaire de Baltimore qu'à celui de Saint- Charles, et a attiré sans doute les bénédictions du Ciel sur ces deux établissements, comme il a paru par les heureux succès qu'ils ont eus l'un et l'autre. »

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