‹ Vie de M. de CoursonChapitre 302 sur 336 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

De Baltimore, MM. Paillon et Guitter se rendirent au petit séminaire de Saint-Charles, qui en est distant de quelques lieues seulement. Cette maison, destinée à rendre plus tard de si grands services au clergé des États-Unis, était encore à son début. Divers obstacles s'étaient opposés, comme on le voit dans la Vie de M. Faillon, à ce que le supérieur et les directeurs du séminaire de Baltimore profitassent plus tôt de la généreuse donation que M. Charles CaroU leur avait faite en faveur de cet établissement. Enfin, en 1848, la veille de la Toussaint, un jeune prêtre américain, M.Olivier Jenkins, récemment agrégé à Saint- Sulpice, lui avait donné commencement en y ouvrant les classes avec quatre élèves pris dans les écoles des Frères.

M. de Courson fut très consolé d'apprendre cette nouvelle, et, non content de ratifier la nomination de M. Jenkins, il donna à M. Faillon des instructions spéciales qui, bien suivies, devaient préserver ce nouveau petit séminaire des graves inconvénients rencontrés jusque-là dans tous les établissements de ce genre fondés par Saint-Sulpice aux États- Unis. On devait d'abord n'y recevoir que des aspirants à la cléricature, et il était prescrit d'en écarter avec fermeté ceux qui se destinaient aux professions séculières. Il

l'âge de soixante-six ans , dont trente-trois passés en Amérique. A sa mort, M. Lliomme eut pour successeur M. Paul Dubreuil, de la villedeSaint-Étienne, que M. de Courson tira du séminaire d'Orléans, où il était directeur, et fit partir pour Baltimore dans les premiers mois de 1830. C'était un sujet de mérite qui, pendant vingt-huit ans, a très bien réalisé les espérances que M. de Courson avait conçues en lui donnant celle mission lointaine.

fallait, en outre, que tout ministère extérieur fût interdit aux directeurs de cette maison. Les vues du sage supérieur formèrent comme la base des règlements que les visiteurs établirent à Saint- Charles, et, grâce à la fidélité avec laquelle on s'y est tenu, non seulement ce petit séminaire s'est conservé exempt de tout mélange de vocations séculières, mais il a pris, d'année en année, de tels accroissements qu'il a fallu, à plusieurs reprises, en agrandir les bâtiments.

Les effets de la visite ne furent pas moins consolants au séminaire de Baltimore. Cette maison, qui, depuis 1791 jusqu'en 1850, n'avait donné que cent quatorze prêtres, en donna cent douze de 1850 à 1860, c'est-à-dire presque le môme nombre en dix ans que dans les soixante premières années. Depuis lors, par suite de la prospérité toujours croissante de Saint- Charles, la maison de Baltimore a pris une importance qui, en 1876, a obligé de jeter les fondements d'un nouvel édifice, l'ancien ne pouvant plus contenir tous les ordinands qui s'y présentaient '.

Ainsi se trouvent parfaitement réalisées les vues de M. Émery, et l'œuvre qu'il avait tant à cœur ne laisse plus rien à désirer. On voit aussi par là combien était à propos la visite ordonnée par M. de Courson , combien sages et efficaces les instructions

1 Les cent douze prêtres formés à Baltimore, de 1850 à 18G0, appartenaient à vingt -six diocèses différents. Aujourd'liui encore, quoique des séminaires aient été fondés sur plusieurs points des États-Unis, celui de Baltimore n'a pas cessé de recevoir des sujets appartenant aux divers diocèses de la Confédération,

Page 1