‹ Vie de M. de CoursonChapitre 303 sur 336 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

données à ceux qui en furent chargés, combien justes et modérés les moyens employés pour amener les importants résultats qu'a produits cette visite.

M. de Courson ne vécut pas assez pour être témoin des bénédictions dont nous venons de parler ; cependant les nouvelles que MM. Paillon et Guitter lui donnèrent des effets immédiatement obtenus, le consolèrent beaucoup et lui firent espérer que leur voyage à Montréal ne serait pas moins utile. On a déjà eu occasion de le dire, ce sage et pieux supérieur avait une affection spéciale pour l'œuvre que M. Olier commença en Canada. Il écrivait en 1841 à un jeune prêtre de Nantes qui se préparait à cette mission : « Courage, mon bon ami, vous avez une grande et belle tâche à accomplir. Je vous le disais et je vous le répète, la portion qui vous est échue m'inspirerait de l'envie, si je ne désirais pas avant tout accomplir la volonté de Dieu. »

L'intérêt qu'il portait à des établissements auxquels il savait que les bénédictions du Ciel avaient été promises dès le commencement, s'était encore accru depuis que, par la formation d'un grand séminaire, l'œuvre de M. Olier, à Montréal, se trouvait complétée. Dans une lettre adressée en 1845 à M»'" Bourget, il disait : « Je ne terminerai pas cette partie de ma lettre, Monseigneur, sans vous dire la consolation que nous avons tous ressentie en voyant de jeunes théologiens réunis autour de nos messieurs de Montréal. C'était l'objet de nos vœux les plus ardents. Voilà donc un séminaire proprement dit ouvert à la jeunesse du Canada qui se prépare aux saints ordres, et votre nom, Monseigneur, restera attaché à cette

bec VIE DE M. DE COURSON

institution, la plus salutaire, la plus féconde dans ses résultats ^ »

Les ravages que le typhus, en 1847, fît parmi les prêtres de Saint -Sulpice occupés dans le ministère des paroisses, à Montréal, avait tellement touché le cœur de M. de Gourson qu'il était résolu, ainsi qu'on l'a dit, de passer l'Océan, afin d'aller, par sa présence, les consoler plus efficacement. N'ayant pu le faire, il y suppléa d'abord en correspondant très activement, non seulement avec le supérieur, mais encore avec chacun des prêtres qui travaillaient dans cette mission lointaine et si éprouvée. Loin décompter pour quelque chose la surcharge et la fatigue qui lui revenaient d'une correspondance si étendue, il allait au-devant de ce travail par les reproches paternels adressés à ceux qui passaient un temps notable sans lui écrire. « Oui, mon cher enfant, disait-il à l'un d'eux, je trouvais que vous étiez un peu trop lent à m'écrire. Je ferais volontiers le même reproche à plusieurs de nos bons messieurs. — Votre lettre, disaitil à un autre, était bien désirée, bien impatiemment attendue. Ce long silence m'était très pénible. Oh ! mon cher confrère, n'oubliez plus ce que demande le cœur d'un père qui s'est séparé de vous avec tant de regret, qui vous aime d'autant plus que vous vous êtes éloigné de lui pour un motif de pur dévouement à la gloire de notre divin Maître. Mais je ne veux pas vous faire un reproche, je ne veux que vous ouvrir mon cœur. Peut-être, si vous aviez moins difl"éré de

1 Le grand séminaire de Montréal, fondé en 1840, compte aujourd'hui plus de cent cinquante élèves, dont plusieurs accourus des diocèses environnants et même des EiPls-Unis.

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