‹ Vie de M. de CoursonChapitre 304 sur 336 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

m'exposer les impressions qui vous ont fait souffrir, Dieu m'aurait-il donné quelqu'une de ces paroles qui adoucissent les souffrances de l'âme, qui soulagent, qui consolent. Ne faites plus* ce calcul qui a arrêté votre plume; allez plus simplement, et Dieu bénira cette simplicité qui est dans l'esprit de la Compagnie.»

C'était , en effet , toujours pour consoler, encourager, fortifier ses chers enfants que M, de Courson leur écrivait. Apprenait-il que quelqu'un éprouvait de la peine, qu'il rencontrait des difficultés dans son emploi ou souffrait du milieu dans lequel l'obéissance l'avait placé, il ne manquait pas de venir à son secours et trouvait toujours dans son cœur quelque pensée propre à lui inspirer l'amour de sa fonction. « Continuez à faire vos enterrements, disait-il à un jeune prêtre nouvellement arrivé à Montréal ; les fonctions pour lesquelles vos confrères ont moins d'attrait, sont celles que vous devez préférer. D'ailleurs , nous devons tant aimer les saintes âmes du purgatoire, que l'on est très heureux de pouvoir contribuer en quelque chose à leur soulagement. — Vous voilà donc charge de l'hôpital général, lui disait-il l'année suivante; c'est un ministère admirable et celui qui aurait ma prédilection, si j'étais à Montréal. Vous vous trouvez en rapport avec d'excellentes sœurs, pleines de dévouement. Ayez un cœur de saint Vincent de Paul avec vos pauvres et vos orphelins. Vous avez la partie du troupeau qui est la plus chère à Notre- Seigneur. Ah ! qu'il fait bon avec les pauvres ! »

Dans ses lettres de 1849, M. de Courson ne manqua pas de préparer les messieurs de Montréal à la prochaine arrivée des deux visiteurs. « Ces messieurs ,

leur disait-il, prolongeront leur séjour auprès de vous autant qu'il en sera besoin pour la consolation de tous et de chacun. Mon grand désir dans cette visite, qu'il m'eût été si doux de faire en personne, est de témoigner à nos messieurs d'outre -mer notre atlachement pour eux et l'intérêt que nous prenons au bien qu'ils font au milieu de tant de difficultés. Vos entretiens avec le bon M. Paillon feront plus pour votre soulagement que tout ce que je pourrais vous écrire. Ouvrez -lui votre cœur et recevez en esprit de foi ce qu'il vous dira. Dieu bénira ces épanchements.»

Toutefois, ce n'était pas avec le titre de visiteurs que MM. Paillon et Guitter devaient aller à Montréal : divers motifs avaient engagé le supérieur de Saint- Sulpice à ne pas prescrire une visite en règle. Telle avait été aussi la conduite tenue en 1829 par M. Garnier, lorsqu'il envoya M. Carrière en Canada. Mais le supérieur du séminaire de Montréal et ses assistants ayant demandé d'une commune voix que cette disposition fût changée, M. de Courson se rendit à leur désir. « Ma pensée, quand je vous ai envoyé MM. Paillon et Guitter, leur écrivait- il le 27 décembre 1849, était que cette visite fût principalement une visite d'édification, d'encouragement et de consolation. Vous me demandez que j'autorise ces messieurs à suivre les exercices qui sont ordinaires dans les visites prescrites par nos constitutions. Cette demande est un témoignage du bon esprit qui vous anime; elle me louche trop pour que j'hésile un seul instant à vous contenter. Je donne donc à ces messieurs de nouvelles instructions. »

M. de Courson indiquait ensuite les dispositions

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