CHAPITRE XLII
dans'lesquelles tous devaient entrer pour bien profiter de la visite. Il recommandait surtout l'esprit de foi qui montre le divin Maître dans la personne des visiteurs , le fréquent recours au Saint-Esprit et à la très sainte Vierge, un sérieux retour sur soi-même, et enfin l'ouverture de cœur la plus entière à l'égard des visiteurs. « Ces règles exactement observées, disait-il en concluant, attireront sur vous, sur votre communauté, toutes les bénédictions du Ciel. Le séminaire de Montréal portera encore des fçuits abondants de salut, dans cette terre du Canada, qui a été si chère à notre pieux fondateur. Il sera la joie de la maison -mère qui vous aime et qui vous est dévouée au delà de ce que je puis vous dire. »
Nous avons sous les yeux les nouvelles instructions que M. de Courson adressa aux deux visiteurs. La sagesse, la prudence, la bonté et la piété du vénéré supérieur s'y montrent avec éclat. Il y trace nettement la marche à suivre, indique les précautions à prendre pour éviter les inconvénients des nombreuses assemblées, suggère les moyens de faire pénétrer l'influence de la visite dans tous les lieux où Saint- Sulpice a un ministère à remplir, et rappelle, en passant, les grands égards que les visiteurs doivent avoir pour tous , particulièrement pour les anciens.
« Avant de commencer vos opérations, disait M. de Courson en terminant , je demande que vous alliez dire la sainte messe à l'église de Notre-Dame de Bon-Secours '. Je demande aussi que vous alliez
1 Ce sanctuaire, qui date des premiers temps de la colonie et doit son origine à la piété de la Vénérable sœur Bourgeois, est très célèbre à Montréal.
prendre la bénédiction de M^"" l'évêque , en le remerciant en mon nom des marques de bienveillance qu'il vous a données. »
Les deux visiteurs se conformèrent de point en point non seulement aux instructions , mais aux moindres désirs du vénérable supérieur et ne cessèrent, pendant la visite, de prendre ses conseils sur toutes les affaires importantes mises en délibération. Dieu bénit visiblement cette conduite. Leur présence à Montréal produisit les plus consolants effets. La visite n'était pas encore commencée que déjà on en pressentait l'heureuse influence. « Quelle année de bénédiction et de grâce commence pour nous ! écrivaiton à M. de Courson, le 3 janvier 1850. La présence bénie de M . Paillon et de M . Guitter , tenant votre place, semble nous l'assurer. A voir déjà le bien produit depuis deux mois, au milieu de nous et autour do nous, nous avons tout à espérer, tout à attendre, surtout quand les visiteurs se seront mis à l'œuvre d'une manière officielle et plus expresse. »
La suite répondit à ces heureux commencements, ainsi qu'on le voit par ce qui est dit sur ce sujet dans la Vie de M. Paillon ; mais le zélé supérieur ne devait pas avoir ici-bas la consolation de connaître en entier les résultats précieux qu'eut cette visite qu'il avait dirigée avec tant de sollicitude. Sa mort prématurée obligea même les deux visiteurs à quitter Montréal avant d'avoir entièrement terminé leur œuvre. M. Paillon devait rentrer en Prance pour l'assemblée générale qui allait donner un successeur à M.deCourson.