EFFETS DU ZELE DE M. DE COURSON EN DEHORS DE SAINT -SULPICE
Nous arrivons au moment où la maladie, mettant un terme aux travaux de M. de Gourson, ne lui permettra plus que de prier, souffrir et édifier. Avant d'aborder le récit des touchants exemples de vertu qu'il donna alors, il nous paraît utile de dire quelque chose de l'influence qu'il eut pour le bien , même en dehors de la Compagnie dont il était spécialement chargé. Il disait en 1845, à M. l'abbé Fournier, curé de Saint-Nicolas do Nantes, qui lui avait écrit sur son élection : « Puisse -je rendre, comme vous l'espérez, quelques services à l'Église, et faire quelque bien ! Nous ne sommes prêtres que pour cela ; c'est toute mon ambition. Mais je sens que l'on m'a fait une tâche au-dessus de mes forces. »
On a vu dans cette histoire que l'humble supérieur ne fut pas au-dessous de cette tâche, qui l'effrayait tant, et qu'à force de dévouement, de travail , de sollicitudes , il remplit très bien tous les de-
voirs de sa charge. Là , il est vrai , conformément à l'esprit de sa Compagnie, se concentraient tous les efforts de son zèle ; et l'on pourrait dire qu'aucun de ses prédécesseurs ne porta plus loin que lui la fidélité à se borner aux œuvres propres de Saint-Sulpice. Ce ne fut jamais que par occasion et comme en passant qu'il travailla à la sanctification des âmes dont sa vocation ne lui donnait pas le soin. Il avait même très peu de relations dans Paris et ne sortait guère du séminaire que pour aller à l'archevêché, le jour du conseil, ou pour faire quelques visites indispensables. Il en faisait lui-même naïvement l'observation au curé d'une petite paroisse des environs de Nantes qui était venu le voir en 1847: « Que vous êtes heureux, lui disait-il, dans votre solitude! Pour moi, ajoutait-il aussitôt, comme en se reprenant, je ne puis pas me plaindre, car je ne suis pas à Paris, je suis au séminaire de Saint-Sulpice. Je n'ai traversé la Seine qu'une seule fois pour aller faire ma visite à l'archevêque de Bourges. »
Mais, sans sortir de sa chambre et sans cesser d'être à la disposition de ses chers élèves, le bon supérieur trouvait encore moyen d'étendre son action au loin. Il arriva plus d'une fois que des ecclésiastiques de sa connaissance, ayant à Paris ou dans les environs de jeunes parents, les lui adressaient, afin que, par ses sages conseils et ses cordiales exhortations, il les préservât des dangers qu'offre toujours la capitale. M. de Courson les accueillait avec une bonté de père et parvenait promptenient à gagner leur confiance. Il profitait de leurs épanchements pour les porter au bien, les mettre en relation avec de vertueux amis et