‹ Vie de M. de CoursonChapitre 307 sur 336 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

leur indiquer des confesseurs qui les soutinssent dans les occasions difficiles. « J'ai vu votre frère, écrivaitil en 1847 à un ecclésiastique de Nantes, je l'ai trouvé plein d'ouverture et charmant. Je ne l'ai pas confessé, parce que je ne l'ai rencontré que le jour ou la veille de son départ, mais il m'a promis de se rendre désormais très exact à tous ses devoirs. Je lui en ai bien dit toute ma pensée, et, sur sa demande, j'ai choisi son confesseur. Je veillerai de mon mieux à ce que cette bonne promesse soit accomplie. »

La visite de ces jeunes gens, surtout quand ils avaient été ses anciens élèves, réjouissait toujours le cœur si affectueux de M. de Gourson. « On raconte, dit M. l'abbé Cahour, que revenant un jour d'Issy à Paris, en compagnie de plusieurs évêques, il aperçut sur la route un laïque, autrefois élève de la maison de philosophie de Nantes et qu'il n'avait pas vu depuis longtemps. Aussitôt il prie d'arrêter la voiture, s'excuse de son mieux auprès des prélats, descend et revient à pied, avec le jeune homme qu'il était si heureux de rencontrer *. »

C'est surtout par sa correspondance que M. de Gourson, sans sortir du séminaire de Saint -Sulpice, étendait l'action de son zèle bien au delà des limites qui lui semblaient tracées par sa vocation. Non seulement il était toujours à la disposition des ecclésiastiques qu'il avait formés, soit à Nantes, soit à Paris, et dont quelques-uns recouraient à lui du fond de l'Amérique et de l'extrême Orient, où ils travaillaient à la propagation de l'Évangile, mais ses anciens

1 Biographie, p. 22.

élèves, devenus avocats, médecins, pères de famille, le trouvaient toujours prêt, comme autrefois, à entendre leurs communications, à compatir à leurs douleurs, à les aider dans leurs difficultés. Le temps ne lui faisait jamais défaut pour leur répondre ; il les prévenait même quelquefois. « Depuis son départ de Nantes, dit l'un d'eux, je n'avais pas osé lui écrire, dans la crainte d'augmenter sa correspondance, dont je le savais accablé. Enfm, des reproches qu'il me fit adresser me décidèrent à lui écrire. « Votre bonne lettre, me répondit-il, m'a fait oublier tout le passé, mon bien cher ami. Oui, je souffrais de ne rien savoir de vous, et je saisissais avec empressement les petites occasions que la Providence m'offrait d'avoir de vos nouvelles. » Suivaient les conseils les plus sages, les plus affectueux et les plus chrétiens.

Ce n'étaient pas seulement des encouragements que le zélé supérieur adressait à ses anciens élèves établis dans le monde, c'étaient encore, quand il y avait lieu, des avertissements paternels et même des reproches ; il les aimait trop pour pouvoir se taire quand il voyait quelque défaut en eux. Parmi ceux qui ont bien voulu communiquer leurs lettres, il en est un, et non des moins chers à son cœur, auquel il donna plusieurs fois celte marque d'intérêt. « C'est à dessein, lui disait-il dans une occasion, que je n'ai pas répondu à vos premières lettres. Vous savez que je ne puis approuver la manière dure, exagérée et souvent injuste dont vous jugez les habitudes et la manière d'être de quelques ecclésiastiques. Vos intentions ne sont pas hostiles, j'en suis convaincu, mais cela ne suffit pas pour excuser la légèreté et la

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