CHAPITRE V /i
son attrait, il eut recours à la prière, il prit conseil des guides les plus éclairés, et après un mûr examen il arriva à la conviction que nulle situation ne lui pouvait mieux convenir que celle de directeur de séminaire K II avait pu apprécier par lui-même, ajoute M. l'abbé Cahour, les solides vertus qui se pratiquent dans la société de Saint- Sulpice et l'immense portée des services que celte compagnie rend à l'Église, en lui formant des prêtres dignes des hautes fonctions auxquelles la Providence les destine. Il crut que Dieu lui marquait sa place au milieu de cette pieuse société, et il demanda qu'on l'admît à en faire partie 2. »
Il n'eut pas de peine à l'obtenir. M. Duclaux, qui quatre ans auparavant l'avait reçu à Issy avec tant de bonté, lui permit de grand cœu r d'entrer à la Solitude pour s'y préparer dans la prière et le silence au ministère dont Saint-Sulpice est chargé dans les séminaires. Ce vénérable supérieur avait dès lors une haute estime pour la vertu et les belles qualités de M. de Gourson ; mais elle s'accrut encore pendant son année de probation. « Je veux, disait- il à M. Berthauld, que M. de Courson continue dans le diocèse de Nantes le bien que M. Féris y a fait. » Nous verrons bientôt avec quelle bénédiction cette espérance du saint vieillard s'est réalisée ; mais en attendant il convient de faire remarquer ce qu'elle avait d'élogieux. M. Péris, en effet, est parmi les supérieurs du séminaire de Nantes, avant la révolution, celui qui a exercé la plus heureuse influence sur le clergé du diocèse et dont la mémoire est restée en plus grande vénération.
* Notice, p. 4.
2 Biographie, p. 8.
M. Duclaux, qui, au début de son ministère, avait travaillé sous sa direction, n'en parlait jamais que dans les termes de la plus grande admiration'.
Ce fut au mois d'octobre 1821 que M. de Courson entra à la Solitude. M. Mollcvaut était depuis deux ans supérieur de cette maison, où se forment les aspirants à la compagnie de Sainl-Sulpice. On peut voir dans la vie de ce saint prêtre la ferveur qu'il faisait régner dans sa petite communauté et l'ardeur qu'il savait lui inspirer pour la perfection. Il trouva en M. de Courson un homme selon son cœur, un disciple qui écoutait avec avidité ses leçons et entrait sans hésiter dans toutes ses vues. Le pieux solitaire, en effet, avait conçu dès lors pour son saint maître cette confiance et ce filial respect dont nous le verrons, dans des circonstances importantes et difficiles, donner d'éclatantes preuves, recourant alors à ses conseils et suivant ses décisions avec la docilité et la simplicité d'un enfant. M. Mollevaut, de son côté, ne s'était pas mépris sur les rares qualités de M. de Courson. Son éloge revient fréquemment dans sa correspondance et toujours avec cet accent du cœur qui ne trompe pas.
Pour être un parfait novice, M. de Courson n'avait pas à se distinguer des pieux confrères au milieu des-
1 Pierre Féris, né le 27 avril 1719 dans le diocèse de Fréjus, fut envoyé à Nantes en 1743, et pendant quarante-trois ans il ne cessa d'y exercer la plus salutaire influence. Il mourut le 5 février 1788 à l'âge de soixante- neuf ans. Son corps repose aujourd'hui dans le cimetière de la maison de campagne du séminaire de Nantes. M. Féris est l'auteur du Monnaie ordinandorum et d'un catéchisme du diocèse de Nantes. On conserve de lui , en manuscrit, dos Maximes et des Conseils pleins de sagesse.