‹ Vie de M. de CoursonChapitre 310 sur 336 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

et pur. Quoi qu'il arrive, ce sera miséricorde et amour. » Enfin, quand le dernier coup eut été porlé, il lui écrivit : « Dieu a donc consommé votre sacrifice , mon cher ami , il vous a fait subir une agonie de deux mois ; vous avez bu le calice de douleur goutte à goutte, et il a ordonné la séparation. Votre foi a été votre force, elle sera votre consolation. Dieu ne nous abandonne jamais. »

C'est toujours dans ces termes de tendresse et de cordialité que M. de Courson traite avec ses parents. Rien de ce qui les intéresse ne lui est indifférent. On peut dire que du berceau à la tombe il avait toujours les yeux sur eux. Dès qu'il apprenait que la famille venait de s'accroître d'un nouvel enfant, il s'empressait d'en féliciter le père et la mère, mais en des termes si affectueux et si chrétiens tout à la fois, que sa lettre était une touchante exhortation. « Dieu soit béni, mon bon ami, écrivait-il à un de ses jeunes cousins, il a exaucé les prières que je lui adressais du fond du cœur. Vous ne sauriez croire le prix que j'attachais à la naissance de cet enfant. Je suis allé, avec bonheur, le mettre sur le sein de la très sainte Vierge pour qu'elle le garde, le protège et le conduise au ciel. Je lui ai demandé qu'elle lui conserve l'innocence de son baptême et qu'elle vous donne toutes les grâces dont vous avez besoin pour le bien élever, chose si difficile et si rare, même dans les familles chrétiennes. »

M. de Courson revient souvent, dans sa correspondance avec ses parents, sur la bonne éducation à donner aux enfants dans la famille. Il voulait qu'elle se commençât dès la naissance et se poursuivît sans

relâche jusqu'à un âge déjà avancé. 11 approuvait beaucoup que la mère nourrît elle-même son enfant, « Ce premier acte de mère et de mère courageuse, disait-il, est de bon augure. » 11 entendait surtout qu'une mère ne se déchargeai sur personne de la première éducation à donner à ses enfants. « Est-ce que quelqu'un, disait- il à une de ses cousines, réussira mieux que vous à former lo cœur de votre fils? L'éducation du cœur est celle de ce premier âge. Apprenez-lui à connaître, à aimer et servir Dieu; c'est là le bien par excellence. Pourquoi songeriez-vous à le mettre à l'école? Si vous êtes bonne mère, ce dont je ne doute pas, il ne peut être mieux qu'auprès de vous. Est-ce que vous n'êtes pas capable de lui apprendre à lire, à écrire, à exercer sa mémoire? J'ai grande pitié des parents qui appellent l'école avec ses férules, parce qu'ils ne peuvent pas être maîtres d'un bambin de cinq ans, de six ans, de huit ans, de dix ans. Courage donc; soyez mère dans toute la force du terme. »

Même quand les enfants étaient en pension , il voulait que les parents continuassent à veiller sur eux. « Remarquez, disait-il à ce sujet, que les soins d'une maîtresse de pension, quelque bonne qu'elle soit, ne sont pas ceux d'une mère et que vous n'êtes pas dispensée de suivre votre fille de très près, d'exercer 'continuellement sur elle rinflucnce des conseils, de l'exemple et de tous les moyens qui sont à votre disposition. »

Ajoutons toutefois que, malgré la bonté de son cœur et l'affection qu'il avait pour ses proches, M. de Courson, conformément aux règles de l'Église, ne

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