‹ Vie de M. de CoursonChapitre 314 sur 336 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

même, tant que Dieu me laissera le moyen de rendre service à ceux qui souffrent plus que moi. Je vous autorise très volontiers à donner une paire de draps à cette femme dont vous me parlez et dont je me souviens fort bien , ce qui me rappelle aux jours de mon enfance. Voyez s'il n'y aurait pas lieu d'ajouter quelques vêtements à cette paire de draps. Il fait bien froid, et les vieillards ne se réchauffent pas facilement. Je ferai les frais de ces vêtements, en dehors de vos cent francs. Je bénis Dieu de la compassion qu'il vous inspire pour les pauvres. Tout ce que vous faites pour eux, par amour pour Notre-Seigneur, vous sera compté dans l'éternité. »

MM. les curés de Vallet trouvèrent toujours le charitable supérieur disposé à leur venir en aide dans leurs œuvres paroissiales. L'une des plus importantes fut l'établissement d'une école de frères. La correspondance de M. de Courson avec le curé de la Boissière nous apprend qu'il y contribua largement. En différentes occasions, il vint aussi au secours de quelques curés qui bâtissaient des églises ou construisaient des maisons d'école'. Ce qu'il fit, sous ce dernier rapport, pour la paroisse deVay, mérite une mention spéciale.

M. Durand, curé de Bonnœuvre, se voyant sur le point de mourir et voulant employer en œuvres pieuses le bien patrimonial qui lui restait, institua

1 Etant à Nantes, M. de Courson avait souscrit pour la construction de l'église de Saint-Nicolas. Nous ne connaissons pas le chiffre exact de sa souscription; nous voyons qu'en 1847 il fit remettre à M. l'abbé Fournier 500 fr., à compte sur ce qu'il lui avait promis.

M. de Courson son légataire universel, bien persuadé qu'il ne pouvait mieux utiliser son petit avoir qu'en le mettant dans les mains du sage et charitable supérieur. Ce ne fut pas sans éprouver quelque contrariété que M. de Courson se vit chargé d'une affaire dont, à raison de l'éloignement, il ne pouvait s'occuper par lui-même ; ne voulant pas cependant tromper l'espérance de ce bon prêtre et exposer ses pieuses volontés à demeurer sans effet, il accepta l'hérédité. Il savait que sur les lieux il y avait des ecclésiastiques dévoués qui ne lui refuseraient pas leur concours. Il écrivit donc à l'un d'eux, originaire comme M. Durand de la paroisse de Vay.

« C'est moi, mon bon ami, lui disait-il, qui viens vous proposer de l'ennui et de l'embarras, et au bout de cet ennui et de cet embarras, une bonne œuvre. Vous savez que M. Durand m'a institué son légataire. La vente des domaines de ce bon curé a produit une somme assez ronde, que je ne voudrais pas éparpiller, en la divisant et la subdivisant. Ma pensée arrêtée est de contribuer à fonder une école de sœurs dans votre paroisse de Vay. Cette pensée a pour motifs : 1° les besoins de cette intéressante paroisse de Vay; 2° l'avantage qu'il y a à ce que les gens du pays de M. Durand, ses parents et autres, voient bien clairement que la succession du défunt a été employée d'une manière utile à eux-mêmes; 3° il me paraît juste que la paroisse de Vay se ressente d'avoir élevé de bons prêtres , sortis de son sein , de son école, et particulièrement M. Durand, qui après avoir été son enfant deviendra son bienfaiteur. »

Celui à qui s'adressait cette lettre accepta avec

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