CHAPITRE XLIV
de M. Olier, el l'un de mes cliers enfants va dire la messe pour moi sur l'autel où notre fondateur l'a dite si souvent. »
Les disciples de M. de Courson et les prêtres de Saint-Sulpice n'étaient pas seuls à demander au ciel la guérison de leur bien-aimé supérieur; dans plusieurs communautés de Paris et de la province, on faisait à la même fm les prières les plus ferventes. « Ce ne fut pas notre faute, disait plus lard une religieuse carmélite de la rue d'Enfer, si saint Joseph ne fit pas un miracle pour guérir ce vénéré malade. » Aux prières on joignait les vœux et les promesses : un prêtre de Saint-Sulpice se dévoua même en victime à cette occasion et offrit volontiers à Dieu sa propre vie pour conserver celle de son bon père.
On crut un instant qu'on allait être exaucé. Le ■ 19 mars, fête de saint Joseph, les cinq médecins consultants constatèrent, dans l'état du malade, une amélioration qui fit naître quelque espérance'. Mais Notre-Seigneur avait d'autres desseins sur cette âme, qui depuis longtemps le servait avec tant de générosité : il l'appelait à la récompense. L'amélioration qui s'était faite ne se soutint pas, la maladie reprit son cours, la faiblesse s'accrut rapidement, et de très graves symptômes ne tardèrent pas à se manifester. On ne pouvait plus se faire illusion, la mort approchait à grands pas.
1 Aux docteurs Cruveilhier, Fizeau et Vignolo, qui, dès le 21 février, donnèrent leurs soins à M. de Courson, on avait adjoint, le il mars, MM. Récamier et Cayol.