‹ Vie de M. de CoursonChapitre 330 sur 336 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

prirent pas sans une vive affliction. Ils furent d'autant plus touchés de la mort prématurée de leur excellent supérieur qu'ils n'ignoraient pas qu'elle avait été causée, en grande partie, par les sollicitudes et les fatigues continuelles auxquelles il s'était condamné, pour le sage gouvernement de la Compagnie. C'est, du reste, ce que confirma l'autopsie du corps, qui fut faite le 11 avril par les docteurs Fizeau, Cruveilhier, Cayol et Vignolo. Parlant, dans leur rapport, de l'émaciation et delà maigreur surprenante qu'ils avaient remarquées dans l'état général du corps , ils n'hésitent pas à dire qu'elles doivent être principalement considérées comme le résultat d'une constitution prématurément usée par un travail continu et excessif de plus de trente ans.

L'autopsie dont nous parlons fut faite à la sollicitation des directeurs du séminaire de Nantes, qui désiraient vivement posséder le cœur du vénéré défunt, ce cœur qui avait tant aimé son diocèse natal et tant fait pour lui. On accéda à ce juste désir, et , contrairement aux usages de la compagnie de Saint-Sulpice, le cœur de M. de Courson ne fut pas inhumé avec son corps. C'était un nouveau trait de ressemblance entre cet humble supérieur et M. Émery, dontle cœur a été conservé aussi à l'affection des membres de sa Compagnie.

Les obsèques se firent le surlendemain de la mort. Ce jour-là , 12 avril , la conférence du cas de conscience devait se tenir dans l'église de Saint- Roch; M^"" Sibour fît annoncer qu'à raison des funérailles du supérieur de Saint-Sulpice, elle n'aurait lieu qu'un peu plus tard. Le clergé de Paris put donc se rendre à la

cérémonie funèbre , qui se fît dans la chapelle du séminaire. On y remarquait les évêques de Meaux et d'Orléans, les vicaires généraux du diocèse, les supérieurs de toutes les communautés ecclésiastiques et religieuses, le P. provincial des jésuites, le R. P. Lacordaire, prieur des dominicains, le vénérable M. Langlois, supérieur du séminaire des Missions étrangères, etc. La messe finie et l'absoute faite, le corps fut porté processionnellement à Issy et déposé au cimetière de Notre-Dame-de-Lorette, aux pieds de M. Duclaux, où M. de Courson avait désigné sa place, pour témoigner de son respect filial et de sa tendre reconnaissance pour l'homme qui l'avait admis au séminaire et dans la compagnie de Saint-Sulpice*. Une modeste croix de bois portant son nom et celui de son pays, la date de sa naissance et de sa mort, est le seul monument élevé sur la tombe de M. de Courson : il est suffisant pour ceux qui ont eu le bonheur de connaître ce saint prêtre. Sur le mur nord du cimetière, on lit l'inscription suivante, placée aussi au bas de la gravure qui reproduit les traits du xii® supérieur de Saint-Sulpice *.

LuDOvicus DE Courson, seminarii sancti Sulpicii superior duodecimus. — Vir in œstimandis ingeniis sagax, in flectendis animis suavis ac fortis, in tractandis negotiis solers; quorum regimen flens et invitus susceperat, sollicita cantate pater, per omnia in omnibus placere studens ; pro clero ioformando, impensa cura, impensa substanlia, impensus ipse, omnium votis et amori ereptus, obiit die 10^ aprilis, anno R. S. mdcccl, œtatis li.

1 Nolice, p. 16.

2 On doit celte gravure à Me' de Ségur, qui dessina M. de

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