‹ Vie de M. de CoursonChapitre 331 sur 336 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

Près de la tombe de M. de Courson sont venus s'agenouiller, depuis vingt- neuf ans, bien des ecclésiastiques, amenés là par la reconnaissance, la vénération et le désir de participer à son esprit. Ce ne sont pas seulement de jeunes élèves ou de simples prêtres de Saint-Sulpice; on y a vu, et on y voit encore quelquefois, des prélats à qui le souvenir du bon supérieur est toujours bien cher. Lorsque M»'" Sebaux eut été nommé à l'évêché d'Angoulême, il vint prier devant cette tombe, comme pour se dédommager de ce que, en ce moment important, il ne pouvait pas consulter ce sage maître et déposer dans son cœur de père les émotions que celte nomination lui faisait éprouver. Que de fois n'a-t-on pas vu un autre disciple privilégié de M. de Courson, surtout depuis sa promotion à la coadjutorerie de Paris, prier à deux genoux dans ce modeste cimetière où repose, à côté de la dépouille mortelle de son vertueux frère, M. Louis Richard, le corps de son saint directeur, de ce prêtre à qui il disait avec effusion, quelques jours avant sa mort : « Je vous vénérerai toujours comme mon père, puisque c'est vous dont le bon Dieu s'est servi pour me faire connaître ma vocation?»

Immédiatement après la cérémonie des obsèques, M. Martel, accompagné de M. Le Normand, curé de la Boissière, qui, comme lui, était venu dire un dernier adieu à son vénérable ami, reprit le chemin

Courson sur son lit de mort, et le représenta dans la situation qu'il avait en ce moment, c'est-à-dire couché et revêtu de la soutane, du surplis et de l'étole. Plus tard on lira de celte première gravure celle qui se voit dans la collection des supérieurs de Saint-Sulpice.

de Nantes, emportant avec lui le cœur du vertueux défunt. Le précieux dépôt fut d'abord reçu au grand séminaire, où les directeurs et les séminaristes l'attendaient dans un sentiment de religieuse émotion. La chapelle avait été tendue de noir pour la cérémonie, et l'autel était surmonté d'un dais sous lequel on lisait cette inscription : Beati mortui qui m Domino moriunlur^.

Au milieu de la chapelle s'élevait, sous un baldaquin, entre quatre cierges d'honneur surmontés d'urnes d'où s'échappaient des flammes, une haute colonne funéraire, au sommet de laquelle deux anges présentaient leurs mains pour recevoir les précieux restes. Ils y furent déposés dans un vase de plomb argenté, en forme de cœur. Sur les quatre faces du socle qui le soutenait, on lisait ces mots : Dilexii Deum. — Coluil Mariam. — Servivit hominibus. — SeijJsnm despcxit -.

Sur les côtés du piédestal étaient également inscrites ces paroles de l'Écriture, qui résument si bien le caractère et la vie du vénéré supérieur : Eral vir simplex et reclus. — Disj^osuil omnia suaviter. — Altigit a fineadfînem forliier. — Transiitbene faciendo.

Dès le 14 avril, le clergé du diocèse avait été prévenu, par une circulaire de M^M'évêque de Nantes, que le 18 aurait lieu la cérémonie de la translation

1 <i Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur. »

2 (( Il aima Dieu, honora Marie, se fit le serviteur de tous el se méprisa lui-même. »

3 <( C'était un homme simple et droit. Il conduisit toutes ses entreprises avec douceur et avec force. Il passa sur la terre en l'aisaul le bien. »

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