‹ Vie de M. de CoursonChapitre 35 sur 336 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

accorda la permission tant désirée, étant bien aise sans doute de reconnaître ainsi les longs services rendus au diocèse de Nantes par les prêtres de Saint- Sulpice. M. de Courson, qui ne prévoyait pas les contradictions qui l'attendaient à Nantes, fut au comble de la joie en se voyant autorisé à suivre son altrait pour l'œuvre des séminaires et, libre désormais de toute préoccupation, il ne songea plus qu'à se préparer à bien recevoir la grâce de l'ordination.

Une des choses qui l'occupèrent principalement alors fut la rédaction d'un règlement de vie. Celui qu'il se traça, et dont on a encore l'autographe, est court, simple, peu détaillé, mais, comme tout ce qui sort de sa plume, éminemment pratique et substantiel. On y trouve çà et là des élans qui laissent voir la ferveur qui l'animait : « 0 mon Dieu! dit- il après avoir promis d'être fidèle à faire chaque jour une heure d'oraison , donnez-moi l'esprit d'oraison puisque vous me faites si vivement sentir combien il est nécessaire à ma sanctification. Tout le mérite de mes actions, puisque vous m'appelez à une vie commune, viendra de l'esprit dont je les animerai. 0 Jésus, puisse-t-il être le vôtre, puisse-t-il être celui qui vous remplissait dans les trente ans de votre vie cachée ! »

Parlant de la sainte messe et du respect souverain qui lui est dû , il prenait la résolution de ne jamais se dispenser de la dire sans une véritable nécessité et de s'y préparer toujours avec beaucoup de soin. Puis, pensant à la responsabilité qu'entraîne l'oblalion du divin sacrifice et au compte qu'il faudra rendre de tant de messes célébrées, ce cri s'échappe de son cœur : « Miséricorde, ô mon Dieu, miséricorde 1... »

Pour ne rien perdre des fruits de salut que produit la célébration de la sainte messe, M. de Courson dressa le Mémento détaillé qu'on a trouvé parmi ses écrits et dans lequel aucun de ses parents, de ses bienfaiteurs et de ses nombreux amis n'est oublié. Il y mentionne en particulier l'évêque de Nantes, l'archevêque de Paris, des mains duquel il avait reçu ses principales ordinations, l'évêque de Chartres, qui lui conféra les ordres mineurs ; puis viennent les noms de ses anciens maîtres, de ses confesseurs, instituteurs, etc.; enfin plusieurs de ses condisciples du petit séminaire de Nantes et du séminaire d'Issy sont désignés, et parmi ces derniers, M. Passerat, de Gex, qui peu après mourut en prédestiné. Au moyen de ce Mémento formé d'avance, tous les jours il portera au saint autel les intérêts de ces âmes qui lui sont chères et s'effor<:era de les rendre participantes des trésors célestes dont le caractère sacerdotal va le constituer dispensateur.

L'ordination, qui eut lieu le 21 décembre, fut faite par Mgr deQuélen, et, dès le lendemain, M. de Courson, assisté par son saint directeur, M. Mollevaut, dit sa première messe dans la chapelle de Notre-Dame de Lorelle. Il aimait déjà tendrement ce petit sanctuaire où tant de fois il s'était prosterné devant l'auguste Mère de Dieu et en avait obtenu de précieuses faveurs, mais il l'aima plus tendrement encore depuis qu'il y eut offert à Marie les prémices de son sacerdoce. Une de ses consolations quand il revenait à Issy était, comme on le verra plus loin, d'aller y remercier sa grande bienfaitrice ; et quand il ne pouvait le faire en personne , il chargeait de ce soin ceux de

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