‹ Vie de M. de CoursonChapitre 44 sur 336 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

raisons , choquaient ceux à qui elles étaient adressées. De là l'opposition de plusieurs contre lui. »

Toute sa vie M. de Courson eut à faire des réprimandes et des corrections, et toujours il s'acquitta fidèlement de ce devoir essentiel d'un supérieur. Mais plus tard , comme on le verra , ses reproches ne blessaient plus , parce que ceux à qui ils étaient adressés savaient de quel cœur ils partaient. Si , dans le principe, il en fut autrement, c'est qu'il n'avait pas eu encore le temps de laisser voir sa grande bonté et ce quelque chose de paternel qui dans la suite lui permettra, selon son expression, de gronder sans inconvénient. Peut-être aussi que son zèle, quoique pur et inspiré par la seule charité , n'avait pas , dans ces premiers temps, toute la douceur qu'il prit avec les années. C'est au moins ce qui parut un jour, pendant la visite d'une paroisse dont le curé , ancien confesseur de la foi, ne voulait pas convenir que les ornements dont il se servait à l'autel n'étaient plus décents. M. de Courson , à bout d'arguments , prit la chasuble dont il ne pouvait tolérer l'usage et la déchira. Le vénérable curé sentit vivement la correction , mais nous ne doutons pas qu'elle n'ait causé aussi un très cuisant regret à celui qui l'avait faite dans un moment de vivacité. Nous savons , en effet, qu'il souffrait beaucoup d'avoir à corriger, et que sa plus grande peine fut toujours d'être obligé d'en faire aux autres. Sous ce rapport la place de grand vicaire lui était un supplice. « Oh ! quand serai-je délivré de ce fardeau qui m'accable! répétait-il souvent, oh! que fausse est ma position ! »

Ce n'est pas ainsi qu'en jugeait M^i" de Guérines :

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chaque jour, au contraire, il bénissait Dieu de lui avoir donné , pour l'aider dans la conduite de son grand diocèse, un prêtre si vertueux et si capable de mener à bon terme les affaires les plus difficiles. Il existait d'ailleurs entre eux une conformité de vues si parfaite, sur les moyens d'opérer le bien, qu'en très peu de temps leurs cœurs furent étroitement liés. Le prélat aim.ait comme un fils son jeune grand vicaire, et celui-ci avait pour son évêque tout le respect et toute l'affection qui sont dus à un père vénéré. Rarement peut-être vit-on une amitié plus sainte, plus intime et plus durable.» Elle est de celles, dit M. l'abbé Cahour, que la mort elle-même a respectées et qu'elle s'est plu, pour ainsi dire, à perpétuer, à protéger jusque dans la tomber »

Connaissant et appréciant si bien M. de Courson, l'évêque de Nantes ne pouvait se préoccuper des petites tracasseries qui lui avaient été faites en quelques occasions; il prévoyait bien que sa douceur, son humilité et ses autres vertus lui gagneraient promptement tous les cœurs. C'est, en effet, ce que l'on vit en très peu de temps. « L'autorité qu'il avait exercée enfant sur ses condisciples du petit séminaire, dit M. Aurélien de Courson, il l'exerça bientôt sur les supérieurs et professeurs des établissements ecclésiastiques et en général sur tous les membres du clergé nantais -. «

Il semble qu'un changement si prompt dans les

1 Biographie , p. 9. Le biographe fait allusion à la place qu'occupent dans la chapelle du séminaire de philosophie, à Nantes, e corps de M?"" de Guérines et le cœur de M. de Courson.

2 Notice, p. 4.

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