‹ Vie de M. de CoursonChapitre 45 sur 336 · CHAPITRE VII Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII Î

dispositions de ceux-là mêmes qu'il avait trouvés les plus opposés à son élévation , était bien capable d'affaiblir la répugnance que M. de Courson éprouvait pour les fonctions de grand vicaire. Ce n'est pas cependant ce qui eut lieu, et le bon accueil que l'on commençait à lui faire dans la visite des paroisses ou des maisons d'éducation , ne l'empêcha pas de soupirer après le moment où il serait déchargé d'un si pesant fardeau. L'amitié même dont M^'' de Guérines l'honorait et à laquelle son bon cœur était si sensible, ne rendait pas moins vif l'attrait qu'il éprouvait pour les humbles occupations d'un prêtre de Saint-Sulpice. Il continuait à entretenir des rapports avec le supérieur et les directeurs du séminaire de Nantes, avec ses anciens maîtres d'Issy et de Paris et surtout avec M. Mollevaut, qui l'encourageait à prendre patience et à s'abandonner à la volonté de Dieu. De temps en temps aussi il renouvelait ses instances auprès de M^^' de Guérines, qui lui avait promis de favoriser son pieux dessein , quand les circonstances le permettraient. N'ayant pas réussi dans ses premières tentatives , il se détermina , pendant sa retraite de 1824, à écrire au prélat une lettre que nous devons reproduire ici :

« Monseigneur, lui disait-il , avant de terminer ma retraite, je crois devoir vous soumettre quelques réflexions qui me semblent importantes au salut de mon âme. La confiance que j'ai en vos bontés, l'intérêt que vous voulez bien me porter, me font penser que vous les accueillerez favorablement.

« Votre Grandeur sait le regret que j'eus l'année dernière de ne pouvoir entrer à Saint-Sulpice, oià j'é-

tais persuadé que la Providence me voulait, et la crainte que m'inspiraient les fonctions difficiles auxquelles elle daignait m'appeler. Ces sentiments ont été mis à une épreuve bien forte : car, si quelque chose était capable de me faire oublier l'attrait que j'avais ressenti pour la vie de séminaire, c'était sûrement la bienveillance que vous m'avez si gratuitement accordée, la confiance dont vous m'avez honoré. Cependant, cet attrait au lieu de diminuer n'a fait que devenir plus vif et plus pressant. Je vous l'avoue, Monseigneur, sans craindre de vous déplaire, je n'ai pas cessé un seul instant de soupirer après le moment où il me serait donné de me retirer dans votre séminaire , pour m'y consacrer sans partage au bien de votre clergé. La persévérance de ces dispositions fait que je ne doute aucunement qu'elles ne soient l'expression de la volonté divine, et que je croirais manquera ma conscience si je ne faisais pas de nouveaux efforts pour suivre la vocation du ciel.

« Le parfait dévouement que j'ai pour Votre Grandeur et l'attachement qui m'unit au diocèse de Nantes ne sont point un obstacle à cette vocation , puisque je sais d'une manière certaine que l'intention des supérieurs de Saint- Sulpice est de m'employer à Nantes, où on pense que je pourrai faire quelque bien. L'état fâcheux de la santé de M. Morel, qui rend presque nécessaire la présence d'un directeur de plus au séminaire de Nantes, est encore un des motifs qui m'engagent à présenter mes sollicitations dans ce moment -ci.

« J'ajouterai à ces raisons la confusion que je ressens de ne pouvoir rendre à Votre Grandeur presque

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