CHAPITRE VIII
I. DE COURSON DIRECTEUR AU GRAND SEMINAIRE DE NANTES — VISITE DES COLLÈGES ECCLÉSIASTIQUES
Il eût été bien difflcile de prévoir, en 1824, les abondantes bénédictions que Dieu allait répandre sur le nouveau ministère dans lequel entrait M. de Courson, et les grands services qu'il rendrait un jour à la compagnie vers laquelle il avait si ardemment soupiré et dont enfin il devenait membre ; cependant ceux qui le connaissaient ne se méprirent pas sur les espérances que donnaitàSaint-Sulpicel'entréed'un sujet siaccompli.« Je bénis avecvous la Providence qui nous a rendu M. l'abbé de Courson, disait M. Garnier en éarivant le 4 octobre au supérieur du séminaire de Nantes; c'est une riche acquisition dont nous tâcherons de profiter. Je pense comme vous qu'il ne faut pas le placer ailleurs qu'à Nantes. Il pourrait vous suppléer dans le cas qu'on eût besoin de vous pour la visite des séminaires, arrêtée dans notre assemblée, ou que l'impossibilité de faire tout ce dont je suis chargé rendît votre présence nécessaire à Paris ^ . »
1 M. Garnier, à raison des infirmités de M. Duclaux, venait d'êtire nommé vice-suiDérieut".
Les divers arrangements dont parlait M. Garnier n'ayant pas eu lieu, et M. Morel ne s'étant pas absenté de Nantes, M. de Gourson n'eut point à le remplacer comme supérieur du séminaire, et dut même assez rarement y faire les fonctions de premier directeur, dont le titre cependant lui avait été donné. Sa fonction spéciale, pendant les deux ans qu'il passa au grand séminaire, fut de présider l'oraison et la lecture spirituelle des élèves de philosophie qui, quoique confondus pour les autres exercices avec les théologiens, ne l'étaient pas pour ceux-là, à cause des instructions particulières dont ils avaient besoin dans ces commencements. De plus , d'après l'auteur de la Notice, M. de Gourson faisait aux séminaristes qui se préparaient à la prêtrise, ces leçons spéciales de théologie connues sous le nom de diaconales.
A ces occupations peu nombreuses que lui donnait le séminaire il joignait celles que comportait le titre de vicaire général honoraire, dont M-'' de Guérines ne lui avait pas permis de se dépouiller; il participait au conseil de l'évêché, qui se tenait ordinairement deux fois la semaine; il était chargé des collèges et du petit séminaire, qu'il ne visitait, il est vrai, que pendant les vacances, à l'époque des examens, mais avec lesquels il entretenait une correspondance journalière. C'était la condition mise par l'évêque de Nantes en rendant M. de Gourson à Saint-Sulpice.
Malgré ces œuvres extérieures qui lui étaient imposées et la faible part qu'il avait en apparence au gouvernement du grand séminaire, il ne fut pas plus tôt entré dans cette maison qu'on y ressentit l'effet de sa douce et salutaire influence. Pour le bien mon-