CHAPITRE IX
succursale et dépendance du grand séminaire, une communauté de philosophes qui ne tarda pas à rendre de grands services. On y passait deux années, dont la première était consacrée à l'étude de la philosophie ; pendant la seconde on suivait un cours de mathématiques et de physique. Quoique la plupart des élèves se destinassent à l'état ecclésiastique, il était permis d'en recevoir qui eussent d'autres vues; il y en vint, en effet, des diocèses de Lyon, de Grenoble et d'ailleurs qui ne se proposaient nullement d'entrer dans le clergé. L'habit ecclésiastique n'y étant pas obligatoire et le très grand nombre des élèves ne le portant pas, on pouvait sans inconvénient passer deux ans dans cette maison et entrer ensuite dans les carrières ouvertes aux gens du monde.
Devenu évêque de Nantes, le sage et zélé prélat forma le dessein de créer un semblable établissement à côté de son grand séminaire. Cette disposition devait avoir de grands avantages pour les jeunes gens de l'un et de l'autre cours. M. de Courson la goûtait fort; mais il ne se doutait pas qu'elle dût lui coûter un nouveau sacrifice. Monseigneur, en effet, tout en approuvant l'œuvre, jugea que personne ne convenait mieux pour fonder et diriger le nouvel établissement que son ancien grand vicaire, qui eut à se résigner encore une fois. Il le fit avec ce dévouement simple et généreux qui sait tout donner quand la volonté et la gloire de Dieu le réclament.
Le diocèse possédait, dans la rue Saint -Clément, à quelques pas du grand séminaire, une maison qu'habitaient actuellement les missionnaires diocésains. Ce local ayant paru convenable pour un sémi-
naire, M^'' de Guérines transféra ailleurs les missionnaires et fit commencer les travaux d'agrandissement et d'appropriation qui étaient indispensables pour recevoir la nouvelle communauté. M. l'abbé Théard, qui avait quelques connaissances en architecture, fut chargé de cette œuvre de transformation, et il la conduisit avec zèle et activité ; tout fut prêt à la fin d'octobre 1826.
Mais dans ces commencements le séminaire des philosophes n'était pas ce qu'il est devenu depuis. Le bâiiment situé sur la rue et les deux ailes existaient seuls. M. de Courson y ajouta l'avant-corps qui donne beaucoup de grâce à la maison, les cloîtres et enfin la chapelle. Ses successeursont fait le reste, et cequ'ils ont ajouté est important. Cependant on peut dire qu'au moment où M. de Courson quitta Nantes, sa chère maison de philosophie était déjà un établissement vaste, commode, bien aéré, ayant une gracieuse chapelle, de grandes salles, et, pour la récréation, des cloîtres, une cour et des jardins qui ne laissaient rien à désirer.
Mais la disposition du local n'était pas l'affaire la plus importante; M. de Courson s'occupait surtout des règles qu'il convenait d'adopter pour le nouveau séminaire. L'évêque de Nantes l'ayant chargé de les rédiger, il désira avant tout s'aider, pour ce travail difficile, des lumières du supérieur général de Saint-Sulpice et de l'expérience des prêtres respectables qui formaient son conseil. A cet effet, il se rendit à Issy, où il passa un mois entier à élaborer son projet et à lui donner sa forme définitive. Nous ne ferons pas un long détail de ce règlement, que l'on suit encore au-