CHAPITRE IX
incessamment, créé des embarras au bon supérieur; il a vu des années pénibles, difficiles; mais sa douceur et sa fermeté triomphèrent de tous les obstacles et subjuguèrent les esprits les plus insoumis. Par un effet de ses éminentes qualités, il parvint toujours, sinon immédiatement, du moins avec le temps et la patience, à faire régner la régularité dans sa maison; surtout il y maintint un si bon esprit que jamais les aspirants à la cléricature, malgré leur contact habituel avec les autres , ne se laissèrent détourner de leurs pieux desseins ; quant à ceux qui ne se destinaient pas à l'état ecclésiastique, si tous ne devinrent pas de fervents chrétiens, il n'y en eut pas un qui ne conservât un bon souvenir du temps qu'il avait passé au séminaire de philosophie, principalement de l'excellent supérieur qui lui donna ses soins avec tant de dévouement, de patience et de cordialité. « Il a fallu, dit avec raison l'auteur de la Notice, que M. de Courson fût doué d'une sagesse, d'une douceur et d'un tact bien admirables pour que de tous ces jeunes gens placés sous sa direction, pas un seul n'ait cessé de le vénérer et de l'aimer '. »
La rédaction du règlement des philosophes de Nantes ne prit pas tout le temps que M. de Courson passa à Issy, auprès de ses vénérés supérieurs; il consacra l'octave de la Nativité de la très sainte Vierge aux exercices de sa retraite annuelle. Il sentait le besoin de se renouveler dans la ferveur avant d'entrer dans les importantes fonctions qui lui étaient confiées. Sous la conduite de M.MoUevaut, il médita les grandes
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vérités de la foi , et à ce flambeau il s'examina sérieusement sur tous ses devoirs. Nous avons retrouvé les résolutions qu'il prit en terminant : elles montrent quelle était la pureté de son âme. Il s'y reproche surtout son empressement naturel et le penchant qu'il éprouve à se mêler et à s'affecter des affaires qui ne le regardent pas. Quant aux exercices de piété, malgré les grandes occupations qui vont prendre tout son temps, non seulement il veut n'en omettre aucun, mais il se propose de consacrer tous les jours au moins un quart d'heure à une lecture spirituelle autre que celle de la communauté.
« Je dépose , dit-il en finissant, ces résolutions dans le cœur de la très sainte Vierge, lui protestant que je veux m'appliquer de plus en plus à la faire connaître, à la faire aimer parmi les séminaristes et à répandre la dévotion au cœur de son divin Fils. »
Comme bouquet spirituel des saints exercices auxquels il venait de vaquer pendant huit jours, il retint ces trois mots, qui vont lui servir de règle dans ses nouvelles fonctions : silence, patience et prière. C'était la maxime favorite de M. Duclaux, et nous ne croyons pas nous tromper en disant que M. de Courson l'avait apprise de la bouche de ce saint prêtre, pour qui il eut toujours le respect, la déférence et l'affection d'un fils. Il le visita souvent, à l'époque dont nous parlons; et, quoique ce digne supérieur ne fût plus ce qu'il avait été et que l'affaiblissement de ses facultés intellectuelles l'eût même obligé à se décharger du gouvernement de la compagnie de Saint- Sulpice, le pieux et reconnaissant disciple trouvait toujours à s'édifier auprès de lui.