EFFETS DES EXEMPLES DE M. DE COURSON SUR SA COMMUNAUTÉ
« Notre-Seigneur, disait M. Olier, m'a montré qu'il ne fallait pas gouverner en commandant mais en donnant l'exemple de la douceur et de l'humilité, et que c'était le moyen qui m'était donné pour faire profiter les âmes. » Cette parole du pieux fondateur de Saint- Sulpice , qui doit servir de règle à ses enfants dans la direction des séminaires, exprime bien le principal moyen employé par M. de Courson pour faire régner la régularité et la piété dans sa maison : comme le bon Pasteur, il marchait à la tête de son cher troupeau et lui donnait l'exemple de toutes les vertus.
Dès le premier jour ses élèves étaient frappés de son recueillement et de l'air de dévotion qui ne l'abandonnait jamais. Sa manière de réciter les prières vocales qui se font en commun allait au cœur : « Je ne saurais rendre, dit un de ses élèves, les impressions de piété que je ressentais alors. Chacune de ses paroles m'était cr mme un charme qui m'entreînait dou-
cernent à prier. — Cette piété tendre , qui éclatait dans tous ses discours, dans toutes ses actions, dit de son côté M. l'abbé Cahour, ne se dévoilait nulle part plus sensiblement qu'à l'autel. Qui d'entre ses élèves n'a remarqué celte foi, ce saint tremblement, ce recueillement profond, avec lesquels il offrait le saint sacrifice ? Qui n'a été souvent ému de la ferveur avec laquelle il prononçait les prières de la liturgie et chantait les hymnes sacrées? En le voyant^à l'autel on croyait voir un ange et non un homme K »
Cet air de piété, fruit précieux de son union à Dieu, M. de Courson le portait partout, même en récréation, ce qui répandait autour de lui comme une atmosphère de sainteté, mais n'excluait pas la gaieté franche et aimable qui convient à un temps de délassement. On voyait au contraire qu'il .était alors tout entier à ce qu'il faisait et que non moins franchement que ses élèves il se récréait et prenait le repos dont il avait besoin. Malgré ses nombreuses occupations il s'absentait rarement des récréations, se faisant un devoir d'être alors au milieu de ses enfants qui , de leur côté, étaient heureux de converser avec lui et d'entendre les petites histoires qu'il savait raconter d'une manière très intéressante. Nous voyons par les communications qui nous ont été faites que les personnes de la maison n'étaient pas seules touchées et édifiées de voir M. l'abbé de Courson, qui aurait pu si facilement occuper un rang élevé dans le monde, se plaire ainsi à converser avec d'humbles séminaristes ; les étrangers eux-mêmes en témoignèrent
1 Biographie, p. 40.