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M. DE COURSON DANS LA DECISION DES VOCATIONS

On désirait surtout la direction du sage supérieur quand on s'occupait du choix d'un état de vie; et il en était fort peu , parmi ses élèves , qui ne voulussent apprendre de sa bouche quels étaient les desseins de Dieu sur eux. En ce point , en effet, encore plus qu'en toute autre matière, il avait un coup d'œil pénétrant et sûr qui dut le tromper bien rarement.

Cependant jamais il ne décidait une vocation sur les premières impressions que lui donnaient ses rapports avec quelqu'un; et, malgré la facilité avec laquelle il lisait dans les âmes, nul peut-être ne se montra plus temporisateur et moins pressé que lui dans l'examen de ces sortes de questions. Vainement aurait-on fait instance pour avoir prématurément son avis; il ne consentait à parler que vers la fin de la première année, et dans bien des cas il renvoyait plus loin encore cette importante décision.

La pratique très sagement établie par M. de Courson au séminaire des philosophes de Nantes , est que

les élèves de cette maison ne sont autorisés à recevoir la tonsure et même à revêtir l'habit ecclésiastique que dans le cours de la seconde année ; jusque-là, ils ne songent qu'à se bien établir dans la sainteté et les autres dispositions que demande l'état qu'ils veulent embrasser; ils réfléchissent sérieusement sur euxmêmes, sur leur vie passée, sur leurs inclinations, leurs attraits, les aspirations de leur âme, et, selon le conseil de Notre-Seigneur, ils examinent sérieusement, à la lumière de la foi, s'ils peuvent espérer d'être capables un jour de remplir les grands devoirs qu'impose le sacerdoce.

' Pour leur faciliter cet examen, M. de Courson faisait tous les ans une série de conférences sur la nature de la vocation et l'obligation où sont tous les hommes d'étudier les desseins de Dieu sur eux. Il avait d'abord des conseils généraux applicables àtoutes les carrières ; venaient ensuite des avis plus développés et particuliers aux élèves qui se destinaient à l'état ecclésiastique, lesquels formaient le gros de la communauté. « Je ne me rappelle plus en détail tout ce qu'il nous disait à cet égard, remarque M^"" l'évêque d'Angoulême; ce que je puis attester, c'est la sagesse, l'élévation d'esprit et de cœur, la délicatesse qui caractérisaient ces conseils. Aussi parlait- on longtemps de ces instructions et envisageait-on l'avenir dans un esprit de foi qu'on n'aurait généralement pas attendu d'élèves de philosophie. » M. de Courson consacrait tout le mois de mai à cette explication, heureux de placer des instructions si importantes sous la protection de la Reine du clergé, à qui le mois de mai était dès lors très spé-

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