‹ Vie de M. de CoursonChapitre 84 sur 336 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

cialement consacré au séminaire des philosophes de Nantes. Pour rendre ses conseils sur la vocation plus profitables, le sage supérieur ne manquait pas en terminant d'indiquer à ses auditeurs les points sur lesquels devaient surtout porter leur examen et les communications qu'ils auraient à faire au directeur de leur conscience. 11 donnait même quelquefois à ceux qu'il dirigeait un programme assez détaillé des questions sur lesquelles ils pourraient se préparer à répondre \ Et parce que plusieurs n'avaient pas de facilité pour faire ces communications de vive voix et

1 Un de ces questionnaires , écrit de la main même de M. de Courson, nous étant parvenu, il ne sera pas inutile de le reproduire ici.

1° Comment étiez -vous affecté, dans votre premier âge, par rapport à l'état ecclésiastique? Vous sentiez -vous porté à l'embrasser? Examinez surtout quel était votre attrait à l'époque de votre première communion, et pendant vos premières années d'études.

2° Quelles sont les principales vicissitudes qu'a éprouvées votre attrait pendant le cours de vos humanités? Qu'avez-vous ressenti lorsque votre frère a voulu embrasser l'état ecclésiastique, et depuis, lorsqu'il l'a quitté?

3» Parmi les états laïques, y en a-t-il un vers lequel vous vous soyez senti porté plus vivement et plus constamment ? Quel est cet état?

4° Quelles impressions ont produites en vous les instructions que vous avez entendues cette année, sur la vocation en général, et sur l'état ecclésiastique en particulier? Comment êtes- vous affecté aujourd'hui par rapport à l'état ecclésiastique?

5" Aimez -vous la vie du séminaire? Vous sentez -vous de l'attrait pour le genre de vie grave et appliqué d'un bon ecclésiastique? Aimez -vous l'oraison et l'étude de manière à pouvoir espérer que vous persévérerez jusqu'à la mort dans ces exercices? Croyez -vous pouvoir, avec l'aide de Dieu, pratiquer le dévouement, l'esprit de sacrifice ; inséparables de l'état ecclésiastique ?

préféraient rendre compte de leurs dispositions par écrit, il vit volontiers cette pratique s'introduire et passer en usage.

Mais que ce fût de l'une ou de l'autre manière qu'un jeune homme lui fît part de ses dispositions , il était bien rare que cette communication , jointe aux observations qu'il avait déjà faites précédemment, ne le mît pas en état de prononcer avec assurance sur sa vocation. Il a dit à plusieurs que, dès la fin de la première année, il connaissait, sauf quelques cas extraordinaires, la vocation de tous ceux qu'il dirigeait, ce qu'il disait, non pas par vaine ostentation , mais par charité, pour répondre aux questions de ses chers enfants, dissiper leurs inquiétudes et leur donner une confiance entière en sa conduite. « Du reste, ajoute celui qui nous a fait connaître ce détail, l'expérience justifiait ses paroles. Presque tous les jeunes gens qu'il a enrôlés sous la bannière cléricale ont eu plus tard la consolation et l'honneur ineffable d'arriver au sacerdoce. Mes souvenirs de séminaire ne me rappellent pas un seul renvoi. »

Une fois fixé sur la vocation de ceux dont il avait la direction, M. de Gourson ne tenait pas à l'égard de tous la même conduite. Aux uns il ne découvrait rien de la décision qu'il avait prise et se contentait de les exhorter à vivre comme s'ils devaient être prêtres, A d'autres, qui avaient besoin d'encouragement, il faisait connaître immédiatement sa pensée et leur disait nettement qu'ils étaient appelés à l'état ecclésiastique. Dans quelques cas il ajournait la décision au retour des vacances , ou même à la fin de la seconde année. C'est ce qui arriva à l'un de ses plus aimés

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