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RELATIONS DE M. DE COURSON AVEC SES ELEVES PENDANT LES VACANCES

Sous un supérieur aussi bon et aussi dévoué à ses élèves que l'était M. de Courson, le séminaire de philosophie de Nantes offrit habituellement l'image d'une famille bien réglée et où régnait une parfaite union. L'on s'y trouvait si heureux que pour plusieurs l'approche des vacances causait plutôt de la tristesse que de la joie. «'C'était avec une véritable peine, dit un de ceux qui nous ont communiqué leurs souvenirs , que je voyais arriver le jour où il faudrait quitter cette maison pour plusieurs mois. Les années me semblaient trop courtes et j'aurais voulu en voir prolonger le cours. Qui n'a été témoin des pleurs et de la tristesse d'un grand nombre d'élèves, la veille de l'ouverture des vacances ? Quelle différence entre ce qui se passait là et ce qui a lieu dans les petits séminaires à pareille époque ! »

De son côté, M. de Courson ne voyait pas l'éloignement de ses chers enfants sans éprouver un doulou-

reux serrement de cœur : pour lui ce n'était pas seulement la séparation qui était pénible , c'était encore la vue des dangers auxquels des jeunes gens sont toujours exposés dans le monde. Aussi avec quelle sollicitude il préparait la communauté à ce temps de délassement, afin qu'il ne fût nuisible à personne et que tous revinssent avec autant de ferveur, au moins, qu'ils en avaient en s'éloignant! Non seulement il leur traçait un règlement qui, suivi avec fidélité, devait les mettre à l'abri des principales tentations, en les préservant de l'oisiveté et de l'oubli de Dieu , mais il leur exprimait le désir de les voir quelquefois durant les vacances, ou du moins d'être tenu au courant de tout ce qui leur arriverait d'important pendant ces trois mois de séparation. On répondait avec plaisir à une invitation si cordiale ; plusieurs venaient à Nantes, où ils étaient reçus avec tendresse par le bon supérieur ; d'autres se rendaient dans les petits séminaires et les collèges ecclésiastiques, au moment où M. de Courson en faisait la visite, et profitaient des courts instants qu'il pouvait leur donner pour s'entretenir cœur à cœur avec lui.

Plus tard, M. de Courson ménagea à plusieurs de ses élèves un moyen plus agréable encore de s'entretenir avec lui pendant les vacances, car il établit l'usage de faire chaque année, pendant l'octave de l'Assomption, un pèlerinage à Notre-Dame-de-Toute- Joie , près de Clisson *. Cette pieuse pratique ne tarda pas à s'étendre au grand séminaire, et elle a continué

1 II est parlé de Notre-Dame-de-Toule-Joie dans plusieurs ouvrages. Voir en particulier Vie de M. Olier, t. I, p, 241. Notre- Dame-de-France. Prov. de Tours. Angers.

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