‹ Vie de M. de CoursonChapitre 96 sur 336 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Dans cette correspondance avec ses élèves, M. de Courson fait souvent mention de certaines études littéraires qui se faisaient surtout pendant les vacances et qui avaient pour objet la préparation au baccalauréat es lettres. Au séminaire des philosophes de Nantes, en effet, comme dans plusieurs autres séminaires, on avait cru, en attendant que la liberté d'enseignement, promise par la charte de 1830, fût accordée, devoir permettre à quelques élèves de se préparer aux grades académiques. Généralement on agissait ainsi pour préparer des directeurs et des professeurs aux collèges ecclésiastiques établis dans plusieurs diocèses. M. de Courson avait encore un autre motif en favorisant cette mesure. Sa maison , comme on l'a dit, renfermait un assez grand nombre de jeunes gens se destinant au monde et voulant embrasser des professions où l'on n'entrait que par la porte du baccalauréat ; force leur était donc de franchir ce premier degré, avant de commencer les études spéciales qui devaient les conduire au terme de leur éducation professionnelle.

Toutefois le sage supérieur ne conseillait et même ne permettait ces études préparatoires, qu'autant qu'elles ne devaient pas nuire aux autres devoirs de ceux qui les entreprenaient ; il exigeait aussi que les aspirants se présentassent aux examens pendant les vacances, du moins autant que possible, afin que pendant la durée des exercices rien n'altérât le recueillement et la régularité de la communauté. Lorsque M. de Courson fut supérieur général de Saint-Sulpice, il eut soin de maintenir les choses dans le cercle étroitoùillesavait d'abord circonscrites: «Gardez-vous,

écrivait-il en 1847 à son successeur, de faire pour cet examen de baccalauréat ce qu'on fait dans le séminaire dont vous me parlez; marchez dans votre simplicité, sans déranger l'ordre de la maison : c'est le mieux. Vous aurez toujours autant de bacheliers qu'il en faut pour le service du diocèse. »

On comprend, d'après cette réponse, ce que M. de Courson pouvait penser de la préparation à la licence es lettres placée dans un séminaire. « Nous ne sommes point établis pour former des littérateurs, mais pour former des prêtres, disait- il en 1848, à un supérieur qui lui avait fait connaître qu'on méditait un semblable projet pour son séminaire, nous ne nous engagerons donc jamais dans cette carrière de la préparation à la licence : 1° parce que ce n'est pas notre vocation ; 2" parce que nous n'en sommes pas capables. Le séjour des prétendants à la licence avec les autres séminaristes serait funeste à nos maisons , parce qu'il serait très peu compatible avec nos règles et encore moins avec l'esprit que nous cherchons à inspirer aux jeunes gens. Nous nous sommes prêtés à la préparation au baccalauréat parce que cette préparation est peu de chose, mais nous ne pouvons aller au delà. Encore pour cette préparation au baccalauréat, nous ne nous y prêtons qu'autant qu'elle peut se combiner avec nos exercices. Il faut être ferme sur ce point. »

C'était à Rennes ordinairement que les élèves de M. de Courson subissaient les épreuves du baccalauréat : n'estimant pas qu'il fût convenable de les accompagner dans cette ville, le bon supérieur pourvoyait cependant avec soin à ce qu'ils y fussent

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