XXVI AVANT-PROPOS
de tous les pays qui m'ont procuré ces inappréciables richesses ainsi que les notes confidentielles et les renseignements de toute sorte dont j'ai fait usage. En les retrouvant ici, souvent textuellement et in extenso, les amis du saint homme de Tours reconnaîtront que ce livre est leur ouvrage autant que le mien : c'est à eux que je dois ce qu'il contient de caractéristique et d'intéressant. Mon travail a été de choisir d'abord et de discerner, puis de coordonner entre eux ces matériaux divers.
Voulant être aussi exact que possible jusque dans les moindres détails, je n'ai utilisé que ce qui me paraissait suffisamment autorisé. J'aurais voulu toujours nommer les personnes et les lieux. On trouvera que je ne l'ai pas fait assez ; j'ai dû souvent taire certains noms ou me borner aux seules initiales. L'intérêt du récit et l'autorité du témoignage en souffrent, je le sais. Mais par un sentiment de réserve et de délicatesse que l'on comprendra, j'ai cru devoir respecter la modestie, peut-être excessive, de beaucoup d'honorables familles qui s'effrayaient de la publicité donnée à leur nom.
Afin de ne-pas surchager de notes le bas des pages, j'ai omis parfois d'indiquer la source où j'ai puisé mes extraits : j'en garantis, d'ailleurs, l'exactitude et l'authenticité.
Comme il serait possible que, malgré tous mes soins, des erreurs de détail me fussent échappées, je prie le lecteur bénévole qui s'en apercevra de me communiquer à cet égard ses observations : les moindres
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seront accueillies avec reconnaissance et mises à profit. Si la lecture de ces pages éveille le souvenir de certaines particularités que je n'aurais pas mentionnées ou met sur la voie d'autres lettres dont je n'aurais pas eu connaissance, je demande instamment qu'on veuille bien me donner communication des unes et des autres. Je nai pas la prétention d'avoir dit le dernier mot sur le grand chrétien dont l'histoire m'occupe depuis trois ans : c'est une de ces belles et angéliques figures qui ne peuvent que gagner à être étudiées et mieux connues.
Le titre de cet ouvrage affirme que M. Dupont est « mort en odeur de sainteté » : cette expression est celle qu'a employée Me*- l'archevêque de Tours dans l'ordonnance qui transforme en chapelle publique l'oratoire privé du vénéré défunt ; mon intention n'est pas de prévenir en quelque manière à cet égard le jugement du saint -siège.
De même , pour les termes d'éloge ou de vénération que j'applique au serviteur de Dieu et à d'autres pieux personnages, aussi bien que pour les vertus surnaturelles et les faits miraculeux dont je parle dans ce livre, j'entends me conformer absolument et entièrement au décret d'Urbain YIII sur cette matière. Je déclare n'avoir rien affirmé que de foi humaine, et n'avoir voulu préjuger en rien sur les décisions apostoliques.
En outre, je désavoue à l'avance de bouche et de cœur tout ce qui, contre ma volonté, ne serait pas conforme à la doctrine , aux lois ou aux traditions pro-
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fessées ou reçues par ma sainte mère l'Église romaine, « vers laquelle, comme le disait si bien M. Dupont (lettre du 3 novembre 1865), il importe plus que jamais de diriger les yeux, les cœurs et les esprits. »
En la fête de sainte Thérèse, 15 octobre 1879.