‹ Vie de M. DupontChapitre 33 sur 55 · LA QUARANTAINE DE SAINT LOUIS · texte numérisé non relu

LA QUARANTAINE DE SAINT LOUIS

Trois Pater, trois Ave, trois Gloria Patri.

Saint Michel et tous les saints Anges , priez et combattez pour nous !

Saint Pierre et tous les Apôtres , intercédez pour nous !

Saint Ignace, sainte Thérèse et tous les habitants de la céleste Jérusalem , priez pour nous !

Aspiration dans la journée:

Que votre nom, Seigneur, soit connu, béni, en tout temps, en tous lieux !

Divine Marie, régnez sur nous, vous et votre divin Fils! ! ! Amen ! »

Cette union de prières fut répandue à Tours et distribuée à quelques âmes pieuses, entre autres à M. Dupont, qui l'accueillit avec transport et se mit en devoir d'en observer les pratiques. On n'eut pas occasion d'envoyer la formule aux religieuses carmélites, qui, par conséquent, ne purent la réciter cette année -là et n'en eurent absolument aucune connaissance. Ceci est bon à noter ; car, le lendemain du dernier jour de la quarantaine , il se passait au Carmel un fait surnaturel remarquable, qui devait être le commencement et comme l'origine de la grande mission réparatrice de M. Dupont. Nous allons en raconter succinctement les détails.

Parmi les vierges carmélites, vivait depuis trois ans une jeune sœur venue de la Bretagne et que saint Martin semblait avoir attirée à Tours par un effet de sa protection spéciale. C'était une simple ouvrière de Rennes, peu favorisée du côté de la nature, mais privilégiée de Dieu et comblée des dons de la grâce. On lui donna dès son entrée le nom de Marie de Saint -Pierre. La sérénité de son caractère et som amabilité pour ses sœurs égalaient la ferveur de sa piété

et la candeur de son âme. Dieu avait sur elle des desseins qui ne tardèrent pas à se manifester dans le secret du eloître.

Laissons ici M. Dupont parler lui-même : a Sœur Saint- Pierre, entrée au Carmel depuis trois années seulement, édifiait la communauté par sa très vive dévotion envers l'Enfant Jésus, lorsque tout d'un coup, le 26 août 1843, elle vint, après la messe , se jeter aux pieds de la révérende mère prieure: Notre -Seigneur, dit -elle, vient de me donner ordre de dire et de faire dire, le plus souvent que je pourrai, l'invocation suivante relative au grand crime du blasphème : Qu'a jamais soit loué, béni, aimé, adoré, glorifié, le très saint, très sacré, très adorable, inconnu, inexpiHmable Nom de Dieu, au ciel, sur la terre et dans les enfers, par toutes les créatures sorties des mains de Dieu et par le sacré Cœur de Jésus au très saint Sacrement de l'autel.

« Or, il se rencontrait que le 25 , veille de cette ineffable communication, était précisément le dernier jour d'une union de prières en forme de quarantaine. Les prières se terminaient par cette aspiration : Que votre nom, Seigneur, soit connu, béni, en tout temps , en tous lieux. La quarantaine n'avait pas été faite au Carmel, mais, suivant toute apparence, en plusieurs villes et par un grand nombre d'âmes : il ne semble pas douteux que cette union de prières n'ait bâté la naissance de l'œuvre de la Réparation.

« Chose remarquable, continue M. Dupont, le 8 août de cette même année 1843, le souverain pontife Grégoire XVI donne un bref pour permettre d'instituer de pieuses confréries dont le but est l'extirpation du blasphème. D'une autre part, à la même époque, dans le diocèse de Nantes, un -père jésuite qui évangélisait sans aucun succès une paroisse rurale étrangement livrée au blasphème, obtint des fruits de salut abondants, peu après que monseigneur l'évêque eut approuvé une association contre le blasphème avec quarante jours (^indulgence.

« Enfin, par une circonstance fortuite, on découvrit dans

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