‹ Vie de M. DupontChapitre 36 sur 55 · OFFICE DU SAINT NOM DE DIEU · texte numérisé non relu

OFFICE DU SAINT NOM DE DIEU

M. Marne, à la suite d'un autre ayant pour titre Associa tion de prières contre le blasphème, les imprécations et la profanation des jours de dimanche et de fête. Ce dernier renferme les statuts de l'association réparatrice, des considérations sur le blasphème et la profanation du dimanche, des amendes honorables, des aspirations et autres prières. Ainsi composé, ce petit livre se répandit de toutes parts et prépara les esprits à une autre œuvre plus importante qu'il entrait dans les vues de la Providence d'établir. Il eut en peu de temps plusieurs éditions.

La pensée qu'avait M. Dupont, en joignant à cette publication celle de son Petit Office du très saint Nom de Dieu , se manifeste dans les lignes suivantes, restées, croyonsnous, à l'état de manuscrit; elles méritent d'être reproduites et n'ont rien perdu de leur actualité : « Est-il un plus grand crime, dit -il, que celui des attaques faites au Nom redoutable de Dieu pour le couvrir d'opprobres et de blasphèmes ? Et ce crime fut -il jamais plus multiplié que dans ce siècle d'ignorance religieuse? C'est peu aujourd'hui pour l'homme de se taire, et de « laisser la parole aux pierres », comme Notre -Seigneur lui-même s'exprimait! c'est trop peu pour lui de se priver du bonheur de chanter les louanges de son Créateur 1 Privé de grâce et même d'intelligence par l'extrême abaissement de sa raison, appuyé sur le néant dont il est pétri, il se dresse contre Dieu! Sa bouche, devenue cratère infernal , vomit contre lui l'injure et le blasphème...

« Mon Dieu ! à la vue de ce grand péché, nous levons les yeux vers vous, et nous vous disons humblement : Grâce, pitié, miséricorde, ne nous abandonnez pas!... Donnez à ceux qui vous craignent le temps de se réunir dans le but sacré de vous rendre, s'ils le pouvaient, autant d'honneur que les impies s'efforcent de vous en ravir ! Donnez à ceux qui vous aiment la pensée de ne s'aborder plus qu'en se disant mutuellement : SU Nomen Domini benedictum! Soyez béni , saint Nom de Dieu !

« Nous engageons instamment les cœurs fidèles et zélés

pour la gloire de Dieu à pousser tous ensemble vers le ciel les plus ardentes prières, afin de venger le saint Nom du Seigneur des sanglants outrages qu'il reçoit tous les jours, afin d'opposer une digue au débordement du blasphème, et aussi afin d'intercéder en faveur des pauvres âmes qui ont perdu la foi en entendant répéter par de prétendus savants que Dieu n'était qu'un mot.

« Telle est la fin principale de l'Office du très saint Nom de Dieu, offert à la piété des fidèles comme œuvre réparatrice des injures qui lui sont adressées. Ce but glorieux sera atteint si un grand nombre d'âmes récitent ces prières prises entièrement dans la sainte Ecriture.

« Déjà le souverain pontife, notre saint -père le pape Grégoire XVI , et plusieurs de nos seigneurs les évêques de France , ont béni la pensée de combattre par les armes de la prière le crime du blasphème, et l'on en trouve la preuve consolante dans l'associatien approuvée , en 1844 , par M^ l'archevêque de Tours. Oh! puisse- t-elle se répandre dans tous les lieux du monde! On ne saurait désirer moins, quand on voit la gravité du mal, et désirer avec plus d'assurance d'être exaucé , à la vue des nombreux témoignages que le bon Dieu nous donne de la volonté qu'il a de ramener dans le bercail de l'Eglise les plus aveugles même de ses ennemis. Mais n'oublions pas que, pour avoir accès auprès du Père, nous avons besoin de presser d'abord les pieds du Fils. Par Jésus seul nous avons appris à nommer Dieu notre père ; par lui seul aussi nous pouvons glorifier son saint Nom.

« 11 faut bien reconnaître que le démon , auteur de tout mal, est en particulier le promoteur du blasphème, crime qui tient de plus près à son péché dans le ciel que tous les autres désordres , fruits malheureux de ses suggestions. Mais il nous est donné de pouvoir vaincre le démon par le Nom de Jésus. C'est en Jésus que nous devons vivre pour être de vrais enfants de Dieu, et c'est Jésus, enfin, qui nous recevra dans le ciel en disant : Venez, les bénis de mon

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