XVIII AVANT- PROPOS
Aussi, lorsque après sa mort, pour répondre à un désir de mon vénérable archevêque qui était pour moi un ordre, j'entrepris de raconter son histoire, je crus n'avoir qu'à recueillir mes impressions et interroger mes souvenirs ; la tâche me parut simple , facile et de courte haleine.
Je me trompais : cette figure que je voulais esquisser ne m'était pas suffisamment connue : je ne savais mon sujet qu'à demi. — Voici ce qui m'arriva. Qu'on me pardonne cette explication : je la dois comme reconnaissance à ceux qui me sont venus en aide par de si utiles renseignements; peut-être me servira-t-elle d'excuse auprès du lecteur porté à juger sévèrement de l'étendue que je donne à cet ouvrage.
Du vivant de M. Dupont, à peu près tout le monde, moi-même et ses meilleurs amis, nous ne voyions guère autre chose en lui que le côté extérieur de sa vie , sa grande charité , son enthousiasme pour la sainte Bible, ce zèle de foi et de piété que plusieurs trouvaient excessif et attribuaient à l'exaltation, puis cette auréole de thaumaturge, plus ou moins contestée, dont l'environnait l'opinion populaire: on n'apercevait, on ne soupçonnait presque rien de plus. Pourtant ce n'était pas là M. Dupont, du moins ce n'était pas lui tout entier. Je ne tardai pas à le reconnaître.
Dès le premier appel que je fis à la bienveillance du public, une quantité considérable de documents, très précieux pour l'historien, me furent remis. C'étaient d'abord des lettres autographes de M. Dupont, datées de toutes les époques, au nombre de plus de quinze