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Penpanr ce cours de conférences, l'abbé Frayssinous donna un bel exemple de modestie.
La réputation de l'apôtre de Saint-Sulpice, propagée avec éclat par les admirateurs des belles formes littéraires, comme par les appréciateurs intelligens de la rénovation morale que pouvoient opérer ses travaux apostoliques, étoit une des gloires de l'Église. L'Académie Française, devant laquelle M. Frayssinous avoit prononcé, le 25 août 1817, sa conférence sur la nécessité de la religion pour le bonheur public, comprit que c'étoit pour elle un devoir de se l’approprier.
Elle n'ignoroit pas d’ailleurs, qu'indépendamment des discours qui faisoient de l'abbé Frayssinous l’un des maitres de la chaire, et qui lui donnoient le droit incontestable de représenter l’éloquence chrétienne au sein de l’Académie, des articles de critique littéraire étoient souvent sortis de sa plume exercée, pour aller enrichir les colonnes du Journal de l Empire ou des Débats. Ms sont tous signés de la lettre V, et on diroit qu'en les publiant ainsi sous une lettre qui n’étoit pas l’initiale de son nom, il voulüt mieux assurer son incognito. Ainsi, il donna un article sur les Sermons choisis de Bossuet, publié dans le numéro du 3 janvier 1803; un autre sur /e dix-huitième
Siècle, qui parut le 14 juillet suivant; un troisième sur
la Perfecubilité, inséré dans la feuille du 6 septembre de la même année. M. Frayssinous, reconnoissant des soins de l’abbé Girard, rendit un compte bienveillant des Préceptes de Rhétorique publiés par son ancien professeur.
M. Poujade de Ladevèze, l’un des propriétaires du Journal de l’Empire, étoit l'oncle de Fabry, auquel on doit Le Spectateur français au x1x° siècle, ou Variétés morales, politiques et littéraires; recueillies des meilleurs écrits périodiques. Fabry, qui voyoit souvent M. Frayssinous chez son oncle, et qui estimoit le talent du célèbre apologiste, recueillit dans le Spectateur francaiïs les articles, marqués au coin du véritable savoir et du goût, qu'il avoit donnés au Journal de l’Empire (1); mais l’auteur ne permit pas qu’on les indiquàt sous son nom.
L’ Ami de la Religion shonora aussi du concours de M. Frayssinous dans les premières années, et l'illustre collaborateur donna divers articles à M. Picot,
Orateur et écrivain, il fixoit naturellement les regards
(1) Voici le releve des articles de M. Frayssinous, insérés dans le Specdateur :
Tome I, p. 8 : Discours sur l’Histoire universelle; par Bossuet ; p. 11: Sermons choisis de Bossuet; p. 48 : De l’irréligion considérée dans l’homme et la socièlé; p. 61: Sur le mot Nature; p. 100: Profession de foi civile du Contrat social; p. 165 : Oraison funèbre du philosophe Thomas Pagniodes ; p.315 : De la considération nécessaire au gouvernement.
Tome IT, p. 361: Triple but de l'éducation; p. 372 : Sur le Traits du choix et de la conduite des études, par M. Fleury ; p. 429: Contre l'éducation irréligieuse et toute mutérielle; p. 559: Sur la yerfectibilité; p. 726 : Histoire des lois sur le mariage et sur le divorce, par A. Nougarède.
Tome LIT, p. 33 : Perit Catéchisme historique de Fleury. — Combien les enseignemens de la Religion sont conformes à lu nature de l’homme, qui est
du sénat académique, dont l’un des membres les plus spirituels, M. Roger, avoit surtout à cœur de faire cette brillante conquête.
Déjà il s’étoit vu repousser par la modestie de M. Frayssinous, quand la mort de M. de Fontanes, arrivée le 17 mars 1821, laissa un fauteuil vacant. Sans se décourager, l’académicien se présenta chez le collèsue qu'il vouloit se donner : M. Frayssinous étoit absent; mais, à son retour, il trouva chez lui ces mots qui témoignent d'un premier refus qu'avoit dicté son humilité.
« M. Roger est venu pour avoir l'honneur de voir M. l'abbé Frayssinous. Il le prie de lui faire savoir le jour et l'heure où il pourroit le trouver. Voilà un bel éloge à faire, un éloge digne de lui! Est-ce que cela ne le tente pas? M. Roger venoit lui en parler. Refusera-t-il encore cette fois? Il lui demande un instant de rendez-vous, dans l'espoir de vaincre sa résistance. »
si méconnue de la philosophie moderne; p. 50 : De laccord de l’utile et du vrai, ou l’existence de Dieu, dogme utile et nécessaire au bonheur de l’homme, et par conséquent véritable.
Tome IV, p. 157 : Le régent ct Louis XV ; p. 192: Sur les Lycurgue et les Solon du xviu° siecle.