‹ Vie de M. Frayssinous, évêque d'HermopolisChapitre 10 sur 75 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Rapport à TAcadémie Française sur les prix de vertu. — Calomnie de la Foudre. — Lettre de M. Amette. — Cérémonie au Séminaire de Saint- Sulpice. — Sacres d'évêques.

Le 26 juin, l'Académie Française avoit nommé M. d'Hermopolis directeur, et le 25 août elle tint sa séance publique annuelle sous la présidence du prélat, qui y lut le Rapport sur les prix de vertu fondés par M. de Montyon. Après avoir fait remarquer qu'il est des vertus cachées dont Dieu seul doit avoir le secret, M. Frayssinous déclara qu'il étoit cependant utile de publier les bonnes actions. Aux grands scandales il faut opposer les grands exemples : c'est le moyen d'accuser le monde, sans l'humilier. C'est servir son pays que de donner au bien la

publicité qu'on se plaît trop souvent à donner au mal ; et, si l'Académie a le droit de récompenser l'art de bien dire, il doit être encore plus doux pour elle de récompenser celui de bien faire. L'orateur termina le compterendu des actions que l'Académie alloit couronner, en disant que, sur cinq prix de vertu, quatre avoient été mérités par ce sexe compatissant qui trouve toujours, pour faire le bien, des forces au-dessus de sa foiblesse.

« Il l'a prouvé surtout, ajouta M. Frayssinous (1), pendant nos discordes civiles et nos sanglans désastres. Oui, j'aime à le dire, au nom du clergé, un grand nombre d'ecclésiastiques ont dû leur salut à ces héroïnes de courage et d'humanité. »

Ce Rapport, simple et touchant, écouté avec le plus vif intérêt, produisit une profonde impression sur l'assemblée.

La haine, qui ne respecte rien, s'attaqua au caractère même de M. d'Hermopolis. Au moment où Paris retentissoit de faillites scandaleuses, la Foudre, journal semipériodique, osa dire qu' « un homme qui pourroit bien mettre l'éducation publique à la baisse, venoit de perdre 200,000 francs au jeu de la Bourse. »

M. Amette, caissier-général-adjoint de l'Université, honoré depuis douze ans de la confiance de M. Frayssinous, protesta spontanément, dans la Quotidienne du 26 et dans le Journal des Débats du 27 septembre 1823, contre cette odieuse imputation, donnant le démenti le plus formel à quiconque oseroit affirmer que le prélat avoit placé des fonds à quelque intérêt que ce fût et qu'il étoit enveloppé dans une faillite. M. Amette ajouta à sa signature le titre d'administrateur de charité

( 1 ) Ami (le la Brligion, l. X.XX V 1 1 , p, 1 08.

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du deuxième arrondissement de Paris. M. d'Hermopolis en prit occasion de lui dire, en riant : « Ne craignezvous pas que ceux qui m'attaquent ne me supposent bien au dépourvu, et ne disent que j'ai été réduit à recourir à un administrateur de charité pour me défendre? »

M. Amette fut plusieurs fois appelé par sa position à signaler au grand-maître l'occasion d'un bienfait, et M. Frayssinous ne la laissa jamais échapper.

Le 21 novembi'e, jour de la fête de la Présentation de la sainte Vierge, où l'on fait, au séminaire de Saint- Sulpice, le renouvellement des promesses cléricales, M. d'Hermopolis y célébra les saints mystères; puis, adressant aux élèves une allocution sur l'objet de la cérémonie, il les exhorta à se bien pénétrer de l'esprit de leur vocation, et les félicita de se trouver dans une maison où régnoit la piété ; où la charité, la simplicité, la pureté des vues unissoient si intimement les maîtres à leurs disciples. Il rappela ensuite les services de cette respectable et modeste Société, qui, depuis près de deux siècles, avoit formé tant de pontifes et de prêtres vertueux; Société dont les soins étoient plus que jamais nécessaires alors que le sacerdoce avoit encore besoin de plus de piété, de science et d'efforts pour triompher d'une froide indifférence ou d'une incrédulité audacieuse (1). Après avoir fait lui-même sa consécration au pied de 1 autel, le prélat reçut, avant celle de tous les autres ecclésiastiques, la consécration de M. Tharin , évêque nommé de Strasbourg, qu'il sacra, dans celte même chapelle, le 18 janvier suivant, ainsi que M. de

(i) Ami de kl Religion, t. XXX VII, p. 58.

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Prilly, de Châlons, et M. de Saunhac-Belcastel, de Perpignan, avec l'assistance des évêques d'Evreux et de Cybistra.

A son tour, il assista, le 25 janvier 1824, dans l'église des Carmes, M. de Quelen, prélat consécrateur, pour le sacre des évêques de Langres et d'Iméria.

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