CHAPITRE XX
Publication des conférences de M. Frayssinous, sous le titre de Défense du Christianisme, — Critique de M. Fiévée dans les Débats. — Opinion contraire de MM. de Féletz et Poujade de Ladevèze. — Modération du
Constitutionnel. — Critique du Mémorial catholique Appréciation
de MM. Bojer, Pasquier, Mignet et Denain.
Cependant le public, averti de la prochaine publication des conférences de M. Frayssinous, l'attendoit avec impatience.
Les circonstances dans lesquelles ces discours avoient été prononcés leur avoient imprimé un caractère spécial, qui les distinguoit de toutes les autres apologies de la religion. L'incrédulité, multipliant depuis soixante ans les livres, les difîicullés et les systèmes pour ébranler la foi dans les esprits, venoit d'épuiser toutes ses attaques contre le christianisme, et désormais tout étoit dit contre la révélation, lorsque M. Frayssinous avoit pris en main la défense d'une si belle cause. Révisant, pour ainsi dire, toutes les pièces du procès, il avoit, avec autant de sagesse et d'impartialité que de talent et de force, discuté les preuves, pesé les témoignages, dissipé les objections, présenté la vérité dans tout son jour. Grâce à ses discours, l'empire de la religion s'étoit affermi, et un grand nombre de jeunes gens, nés au milieu de nos troubles, étoient revenus à elle. On attendoit, pour l'avenir, du livre de M. d'Hermopolis, les bienfaits dont la société avoit été, dans le passé, redevable à sa parole. Non -seulement ses discours, publiés maintenant, dévoient rester comme le monument d'une dis-
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cussion précise, luiuineuse, raisonnée et savante sur les objets les plus graves et les plus dignes de fixer l'attention de l'homme et du chrétien 5 mais les conférences, aussi fécondes sous leur nouvelle forme qu'elles l'avoient été naguère, dévoient fortifier la foi des uns, réveiller celle des autres, et l'écrivain n'alloit pas être moins goûté à la lecture qu'il l'avoit été en chaire. Ces compositions si sages, si bien pensées, si élégamment écrites, acquéroient, d'ailleurs, un nouveau mérite par leur réunion, et se prêtoient ainsi mutuellement une nouvelle force et une nouvelle autorité.
Les pays étrangers eux-mêmes ne dévoient pas être privés de cette éloquente et solide apologie du christianisme. Entre autres obligés de M. Frayssinous, se trouvoit M. T. savant ministre anglican de Londres, qui, ramené à la foi de ses pères, avoit abandonné une cure lucrative pour suivre la voix de sa conscience, et auquel l'évêque d'Hermopolis faisoit une pension annuelle de deux mille francs, en même temps qu'il se chargeoit de l'éducation de trois enfans du ministre converti. Ce dernier s'occupa de traduire en anglais les conférences qu'on étoit sur le point de publier. Son manuscrit ne vit pas le jour : mais l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne alloient s'approprier, à l'envi, par des traductions, ces démonstrations victorieuses de la religion. Les conférences n'avoient pas besoin, pour être recherchées, des hautes dignités où l'auteur étoit parvenu par la seule influence de son mérite : aussi conformes aux règles de l'éloquence qu'aux principes de la saine théologie, leur succès étoit certain.
Le plus grand nombre des exemplaires de la double édition des conférences in-8" et in-12, étoient déjà
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retenus, et l'on s'occupoit de préparer une seconde édition avant d'avoir mis le public en possession de la première, lorsque ces discours furent enfin publiés, le 9 mai 1825, sous le titre de Défense du Christianisme (l).
Quelques mots d'une noble simplicité les dédioient au Roi :
« Sire, témoin des ravages de l'impiété, le chrétien ne sauroit être sans alarmes pour l'avenir; mais son espérance se ranime, quand il porte ses regards sur ce trône de saint Louis, où, après tant de siècles, sont encore assises les mêmes vertus. 11 ne peut croire que la foi de ses pères soit destinée à périr chez une nation à qui le ciel a rendu de tels princes.
" Heureux les peuples. Sire, lorscpie la religion, qui est leur premier besoin, trouve son appui dans les exemples, plus encore que dans la politique de ceux qui les gouvernent !
» Ministre de cette religion sainte, il nous a été donné de la défendre dans la chaire de vérité. L'apologie que nous en avions entreprise en des jours difficiles, nous l'avons continuée en des jours meilleurs; et combien n'est-il pas consolant pour nous de pouvoir la publier maintenant sous les auspices augustes d'un prince en qui brille une piété si noble et si vraie, et que les disciples de l'Evangile peuvent montrer avec confiance aux ennemis comme aux amis du nom chrétien î
» Daigne le Père des lumières et le Dieu des vertus faire servir nos Discours au triomphe de ces doctrines sacrées, qui sont la meilleure garantie et de la soumission des peuples et de la justice des rois I »
La Défense du Christianisme se compose de qiiaranle-
(i) Trois vol. in b" cl (jiialrc vol. in-ri.
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quatre conférences, qui offrent un plan suivi et un enchaînement de matières bien liées entre elles. Les unes établissent les principes de la loi naturelle et les vérités primordiales, base de toute religion et de toute société; les autres traitent de la révélation en général, puis des grandes preuves du christianisme, ou bien répondent aux principales objections des incrédules, ou bien encore examinent différens objets en rapport avec le but que se proposoit l'orateur. Comme nous ne les avons indiquées jusqu'ici que dans leur ordre historique ou généalogique, il convient de les indiquer de nouveau dans l'ordre méthodique qui les classe logiquement.
Aux yeux du lecteur s'offre d'abord un discours sur l'objet et la forme des conférences. Ensuite, les premiers discours roulent sur la Vérité , sur les Causes de nos erreurs; sur l'Existence de Dieu prouvée 1" par la foi du genre humain, 2" par Tordre et les beautés de la nature; sur les Principaux argumens de 1 athéisme; sur la Providence dans l'ordre moral; sur la Spiritualité de l'ame ; sur la Loi naturelle; sur le Libre arbitre; sur l'Immortalité de lame ; sur le Culte en général; sur les Principes religieux, comme fondement de la morale et de la société; snr le Témoignage, sur les Miracles, en général , Voilà ce que l'on peut considérer comme des vérités primitives, indépendantes de la révélation, et qui sont avouées dans toutes les religions.
Après avoir posé ces fondemens, l'auteur arrive à la révélation. D'abord, il envisage, dans trois conférences, Moïse 1" comme Auteur du Pentateuque, 2" comme Historien des temps primitifs, 3" comme Législateur. Passant de l'Ancien Testament au Nouveau, il traite de
JIO VIE DE M. FRAISSINOLS. [l825J
l'Autorité des Evangiles, des Miracles évangéliques, de la Résurrection de Jésus-Christ, et de la Fondation du christianisme, dont il montre la propagation aussi rapide qu'étonnante, puis qu'il prouve par les Merveilles de son établissement. Quatre conférences ont pour objet des Questions sur les Martyrs, Jésus-Christ considéré comme le bienfaiteur du genre humain, l'Excellence du mystère de l'Incarnation^ et les Prophéties. Quatre autres discours sont consacrés à considérer la religion dans ses Mystères, dans sa Morale, dans son Culte, et à la venger du Reproche de fanatisme. A cette classe de conférences,, on peut en joindre deux autres, l'une sur les Maximes de l'Eglise catholique par rapport au salut des hommes, l'autre sur la Tolérance.
Le reste des discours rentre dans le plan de l'auteur, qui étoit d'éclairer la jeunesse, de dissiper ses doutes, et de faire aimer la religion. Ainsi M. d'Hermopolis traite, dans autant de conférences, de l'Incrédulité des jeunes gens, des Hommes illustres du christianisme, des Beaux- Esprits incrédules, de la Nécessité de la religion pour le bonheur public, des Craintes et des espérances de la religion, de l'Union et de l'appui réciproque de la religion et de la société, de l'Education, du Sacerdoce chrétien, de l'Autorité de 1 Eglise, des Devoirs envers Jésus-Christ.
Tel est le plan des conférences, tel est l'ordre suivant lequel elles sont distribuées : à ce simple aperçu, on peut dire qu'elles embrassent toute l'économie de la religion, et qu'elles répondent à tous ses adversaires.
Il n'auroit dû s'élever qu'une voix dans la presse pour recommander la publication, qui, agrandissant < Jout d'un coup l'auditoire de Saint-Sulpicc,.faisoit assister
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la France entière, au moyen d'une rapide lecture, à ces conférences célèbres dont Paris et Bordeaux a voient seuls obtenu jusqu'alors le bienfait.
Deux nouvelles éditions de la Défense du Christianisme s'écouloient avec la même rapidité que les deux premières, lorsque le Journal des Débats, dont M. Frayssinous avoit été pourtant l'utile collaborateur, qui parloil avec intérêt de ses discours quand ils étoient prononcés à Saint-Sulpice, qui se plaisoit à célébrer le talent du conférencier, sa méthode, sa sagesse, et à constater l'aiHuence des auditeurs et leur satisfaction en écoutant ces doctes et éloquentes apologies, jugea l'auteur avec autant de légèreté et de malice qu'il avoit mis d'impartialité et de bienveillance à juger l'orateur. Cette contradiction tenoità ce que le conférencier étoit devenu ministre, et M. Fiévée ne pouvoit trouver rien à louer dans un collègue de M. de Villèle. Le critique se rappeloit d'ailleurs que M. Frayssinous l'avoit réfuté dans son livre des Tarais principes. Il sut remplir neuf colonnes (1), sans dire un mot du plan de l'ouvrage, de l'ordre des discours, du choix des preuves, de l'esprit de discussion, de la modération parfaite et de la brillante facilité de l'auteur. Accordant, d'une manière dérisoire, que les conférences pouvoient être utiles vingt années auparavant, il prétendit qu'elles avoient beaucoup d'inconvéniens en i825, et qu'il ne falloit point prêcher la religion philosophiquement. La raison qu'en donnoit M. Fiévée n'étoit pas moins singulière que le conseil : c'étoit^, disoit-il, parce que la religion n'étoit plus discutée dans ses dogmes ,• et chaque jour voyoit
(i) Numéros des i3 cl iS septembre i8qi5.
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oclore un ouvi"ige où on i'attaquoit dans ce qu'elle avoit de plus sacré ! Des tirades contre les ultramontains et conire les hypocrites qui vouloient faire de la religion un moyen dedomlnation, ou qui aspiroient à faire reculer l'esprit humain, tenoient lieu du compte-rendu grave et désintéressé que la conscience du critique devoit au mérite de l'auteur.
Du reste, les collaborateurs des Débats n'ont pas été tous injustes. M. de Féletz a dit que les conférences de M- Frayssinous resteront à jamais comme des modèles, et qu'elles accusent certains apologistes modernes qui ont fait monter dans la chaire chrétienne le mauvais goût de l'époque.
Si la Défense du dvislianisrne fut une fois équilablement appréciée dans la feuille qu'égaroit une opposition irréconciliable contre le ministère de M. de ViUèle, M. d'Hermopolis en fut redevable à l'intervention de M. Poujade de Ladevèse, l'un des propriétaires. Indigné du déni de justice, M. Poujade contraignit la rédaction si hostile des Débats de publier un article qu'il avoit composé lui-même, et il imposa ainsi à lingratitude de ce Journal le tribut d'admiration qui étoit dû à l'une des gloires de la France.
Le Constitutionnel, dont les rédacteurs n'avoient pas alors de prétention au ministère, publia un anicle beaucoup plus convenable que ceux de Fiévée, et rendit un hommage très-flatteur au moins aux conférences prcchées jusqu'en 1809 : ce Journal, isolant l'écrivain de l'homme d'Etal, se montra, cette fois, aussi juste envers le premier, qu'il étoit habituellement passionné à l'égard du second.
Une opposition d'une autre nature que celle du Joui-
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nal des Débats protesta, dans le Mémorial catholique, contre le livre de M. d'Herraopolis, au nom du système nouveau de philosophie imaginé par 31. F. de La Mennais (1). Toutefois des éloges sembloient mêlés à la critique.
« Nous n'hésiterons pas à le dire, déclaroit-on : en ouvrant à l'éloquence chrétienne une carrière nouvelle, M. Frayssinous a prouvé, par un succès peu commun, que c'étoil la carrière que la Providence même lui avoit spécialement destinée. Si tous ses auditeurs ont applaudi l'orateur, les chrétiens ont voté des actions de grâces pour l'apôtre de la jeunesse. Plût à Dieu que cette place, qu'il occupoit si dignement dans la chaire de Saint-Sulpice, ne fût pas encore vide, et que, grâce à lui, cette tribune chrétienne répondît aux étranges doctrines que l'on proclame encore, au nom de l'Etat, du haut de la tribune politique! Que ne l'en tendonsnous prouver avec tant de force aux gouvernemens d'aujourd'hui, comme il faisoit aux gouvernemens d'alors (2), qu'un des plus grands fléaux de l'ordre social est ce débordement toujours croissant d'ouvrages impies et immoi'aux, dont cependant un ministre a voulu justifier, au sein des chambres, l'éternelle impunité! Que ne l'entendons-nous encore, organe d'une autre sagesse que celle du xix^ siècle, démontrer que, pour la société comme pour l'homme, la religion est la première des choses (3), et qu'ainsi, pour les gouvernemens comme pour les individus, il s'agit, avant tout, de savoir si elle est vraie, et non pas seulement si elle est nationale! Que de vérités, que d'à- propos surtout, même aujourd'hui, dans cette conférence sur l'Education, dans ces eftVayans tableaux de l'avenir que prépare une jeunesse
(i) Mémorial catholique, t. IV, pages i\, 261 et 355.
(2) La conférence sur les Livres irréligieux, à laquelle le Mémorial catholique fait ici allusion, ne date que 1822. Voyez ci-dessus, p. 34!-
(3) Conférence sur le Sacerdoce.
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élevée sous des lois athées: Pourquoi enûn s'est-elle tue cette voix éloqueiîte, qui, signalant les immenses bienfaits des congrégations religieuses, savoit si bien confondre l'ingrate folie d'un siècle, lequel, descendu au dernier degré d'indigence morale, redoute encore, dit-on, la trop grande abondance de la charité et les inconvéniens présumés des dévouemens héroïques! Outre ce mérite de circonstance, les conférences en ont un autre également incontestable. Un assez grand nombre de ces discours contiennent une exposition claire et sensible des principaux argumens qui entrent dans la démonstration générale du christianisme, et une réfutation des objections les plus ordinaires de l'incrédulité. Enûn, sous le rapport oratoire, elles prendront, à plusieurs égards, un rang parmi les meilleurs ouvrages de ce genre. Un exorde simple, une exposition nette du sujet, une discussion méthodique, relevée de distance en distance par des mouvemens habilement préparés, une péroraison animée, composent le secret de celte éloquence polémique dont M. Frayssinous a donné, dans notre siècle, le premier exemple. »
A côté de ces éloges douteux, sous le voile desquels on s'efforçoit de signaler une contradiction entre la conduite actuelle de l'homme d'Etat et les anciens discours de l'apologiste, le 3Iémorial catholique adrcssoit aux conférences le bizarre reproche de n'avoir pas su donner à la vérité des développemens analogues à ceux de l'erreur, ne leur reconnoissant que le mérite secondaire de reproduire, sous une forme nouvelle, plus précise et plus brillante, les raisonnemens exposés dans les ouvrages antérieurs : comme si la Défense du Christianisme, éloquent résumé des controverses passées, combat loit seulement dans les erreurs dominantes ce qu'elles avoient de suranné et d'immobile, sans les poursuivre dans leurs nouveaux mouvemens j et comme
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si ce livre, glissant pour ainsi dire à cote de son siècle, alloit, tout en naissant, prendre place parmi les nionumens du siècle qui préccdoit, sans donner au sien une de ces impulsions qui laissent de profondes traces dans les âges suivans. Reproche étrange, répétons-nous, qu'un orgueil aveugle put seul formuler en présence des eonsolans résultats que les conférences orales avoient obtenus à Saint-Sulpice de 1803 à 1809, puis de 1814 ;i 1822, et de la vogue qu'elles obtinrent au moment de leur publication, non-seulement en France, mais dans les diverses parties de l'Europe. Le triomphe éclatant remporté par M. Frayssinous sur tant de consciences ou incertaines ou égarées, fut une assez belle preuve que ce défenseur de la vérité, mesurant les progrès de l'erreur et la saisissant dans sa marche, avoit attaqué le principe vivant de cette force avec laquelle elle maîtrisoit son siècle.
Le jugement le plus remarquable qui ait été porté sur l'ouvrage de l'évèque d Hermopolis, et celui aussi qui causa le plus de plaisir au prélat, émane de M. Boyer. Dans un opuscule publié l'année suivante (l), et dont nous parlerons bienlot, l'ami de M. Frayssinous dit, avec autant de vérité que d'éloquence :
" Un évoque a pris place parmi nos plus grands orateurs; il a défendu la reli(j,ion sur la chaire de vérité, je n'ose dire avec tout le talent des Bourdaloue et des Massillon; (la postérité juge en dernier ressort le mérite des honinies célèbres; elle leur assigne leur rang et leur place à mesure qu'Us comparoissent devant son trihiuial:) mais je n'exagère pascpiand je dis que l'orateur dont je parle a défendu la plus sainte drs
(i) Antidote rmitre Ica Aphorisme- de M. 1'". de La Mciinais, •?-' éililiou, p. 70.
5lG VIE DE M. FKAYSSINOLS. [l825j
causes, sur la tribune sacrée, devant un concours choisi d'auditeurs, que n'obtinrent peut-être pas, de leur temps, les prédicateurs de l'Evangile que je viens de nommer. L'élite de la jeunesse française, les beaux esprits de nos académies, les hommes les plus distingués de cette capitale, ont écouté, suivi pendant vingt ans ce cours d'instructions religieuses avec un intérêt toujours croissant, et une admiration toujours nouvelle; les suffrages et quelquefois même les frémisseniens d'une si brillante assemblée ont été pour cet orateur une couronne d'autant plus précieuse, qu'elle étoit accordée avec plus de discernement et de justice. La collection de ces discours, livrée à l'impression, a soutenu le poids d'une si haute renommée; la noblesse et la pureté du style, le bel ordre des idées, l'enchaînement et la force des raisonnemens, lui ont assuré une place parmi nos livres classiques. On est convenu que ces célèbres Conférences ajoutoient de nouveaux trésors à nos richesses littéraires, créoient pour l'art oratoire un genre nouveau, où le feu et la chaleur de l'éloquence donnoient à des raisonnemens abstraits, aux matériaux inanimés de la controverse, le mouvement et la vie; et la religion s'est réjouie à la vue de ce monument nouveau et de ce rempart inexpugnable élevé à sa défense comme à sa gloire. »
M. le baron Pasquier, parlant à son tour de la réunion des conférences de M. Frayssinous en un corps d'ouvrage « sous le titre parfaitement convenable de Défense du Christianisme, » ajoute (1) :
•1 Qui pouvoit avoir mieux que lui le droit de mettre son nom à la suite d'un tel titre?...
» Quel que soit le mérite de cet ouvrage, continue le successeur de M. d'Hermopolis à l'Académie, il ne faudroit pas toutefois se laisser aller à croire qu'il rende les conférences telles qu'elles ont été prononcées. Il en donne bien la sub-
(i) Discours de léccplion à l'Académie Française.
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staiice; mais la crainte d'èue long s'y laisse un peu trop apercevoir; et surtout on ne retrouve pas suffisamment, dans ce nouveau texte, la trace des mouvemens si animés qui jaillissoient habituellement des morceaux improvisés, et qui agissoient alors sur les auditeurs avec tant de puissance (1), On ne se résout pas sans quelque regret à cette consciencieuse observation : mais, quand le devoir en est accompli, et quand on examine ensuite la grandeur et même l'immensité des objets, l'esprit est saisi à la vue de tout ce qui a dû entrer dans ce recueil, oîi la sage distribution des matières a donné à M. Frayssinous le moyen de ne négliger aucune de celles qui se rattachoient au vaste plan qu'il avoit conçu, où pas une des difficultés qui se rencontrent sur ses pas n'est éludée, où les règles delà foi sont établies sur leurs plus solides bases, où le dogme est toujours exposé et discuté avec une lumineuse franchise, où pas un précepte n'est omis de ceux qui sont le fondement de la morale la plus pure, où la religion enfin est toujours montrée d'accord avec les plus
(i) A l'observation critique, que la réputation de l'auteur a un peu souffert de l'impression des conférences, la Préface des Conférences et Discours inédits de M. d'ilermopolis répond que ce i-eproche n'est point particulier à M. Frayssinous.
« 11 retombe également sur Bossuet, sur Bourdaloue, sur Massillon, sur tous les plus grands orateurs de la chaire chrétienne. Les Oraisons funèbres de Bossuet sont le chef-d'œuvre de la langue française, et feront l'élernellc admiration de tous les gens de goût-: il est cependant permis de croire qu'ils furent plus heureux que nous, ceux qui versèrent des larmes à la mort de Madame, ou qui virent l'orateur agiter ses cheveux blancs sur le cercueil du grand Condé. Le pathétique de Massillon nous émeut encore délicieusement ; nous nous arrêtons avec complaisance sur les tableaux frappans qu'il nous trace de nos misères et de nos besoins; la mélodie de son langage, si pur et si suave, retentit à nos oreilles avec un charme toujours nouveau : mais, si nous avions entendu l'éloquent orateur devant le grand Roi ou dans un des temples de la capitale, nous nous serions levés d'elFroi avec l'audiloire entier, ou nous nous serions retirés mécontens de nous-mêmes. Et Bourdaloue, qu'on prétend avoir été gêné par une mémoire ingrate qui l'obligeoit d'avoir les yeux sans cesse fermés;
5l8 VIK DE M. FRAYSSINOUS. [1826]
hautes inlellijjcnces, et venant au secours des plus foibles; rien n'y est omis, rien n'y est négligé : les en-eurs les plus accréditées, celles dont la contagion seroit le plus à craindre, y sont toutes combattues et réfutées; les questions les plus ardues, celles qui ont constannnent préoccupé les sages de toutes les époques, ceux-mêmesde l'antiquité, y sont ramenés à leurs termes les plus simples, et la solution en est toujours cherchée dans ces principes d'éternelle raison, d'éternelle justice que le christianisme a fait triompher dans lé monde. » Lisez sur le libre arbitre ce chapitre que M. Frayssinous ne craint pas de terminer par une belle citation de Jean- Jacrjues, de cet écrivain trop célèbre, pour me servir de son expression; et vous y verrez comment, après avoir fait justice ciu désolant système du fatalisme, après avoir montré à quel point la dignité de l'homme est agrandie par la faculté que lui a laissée son Créateur de choisir librement entre le bien et le mal, il arrive à cette solennelle déclaration, que la liberté est un des attributs de la nature humaine : mais cette
Lourdalouc, dont on peut saisir à ia lecture la vigueur, l'enchaînement et la déduction logique, devoit lui-même gagner à être entendu : c'est en chaire que madame de Sévigné le trouvoit d'une force à faire trembler les courtisans, et qu'elle s'écrioit, dans son admiration, que jamais prédicateur cvangélique n'avoit prêche si hautement et si généreusement les vérités chrétiennes. Quinesait quele mot d'Eschine, en parlant de Démosthènes, s'applique à tons les orateurs?
» Ainsi, si l'on veut, les discours de M. Frayssinous ont perdu à l'impression; mais, quoique dépouillés du prestige de l'action oratoire, ils n'en forment pas moins un cours complet d'instructions solides sur les fondemens du christianisme. La sagesse des plans, la judicieuse distribution des preuves, la beauté des pensées, l'élégante simplicité du style leur assurent les suffrages du public éclairé, et les défendront contre les assertions tranchantes de la légèreté. Plus nous nous éloignons de ce goût exquis si cher aux écrivains du grand siècle, de ce bon sens dont ils ne se sont jamais départis, plus nous devons applaudir à l'orateur sacré, qui, .suivant leurs glorieuses traces, a su obtenir après eux de beaux succès, et, ce qui vaut mieux, d'utiles et édifians résultats. >j
[l825] LIVRE H. CHAPITHE XX. SlQ
vérité si féconde, n'étoit-ce pas la religion chrétienne qui l'avoit seule enseignée au monde, qui seule en avoit fait jaillir les conséquences au profit de tous les hommes sans exception? »
M. Mignet, en répondant à M. le baron Pasquier (1), compléta son appréciation, et loua ce talent pur, ce langage élevé et choisi, qui se font admirer dans les conférences écrites.
« M. l'évèque d'Hermopolis, dit-il, a continué parmi nous la série non interrompue des bons écrivains. Il a été fidèle aux lois de cette vieille et belle langue française qui a donné aux autres pays le modèle de la grande prose. »
Cette discussion sur le mérite de la Défense du Christianisme seroit incomplète, si, pour formuler notre propre opinion, nous ne rapportions pas celle que la raison et le goût ont dictée à M. Denain, l'un des meilleurs écrivains de la presse périodique (2).
« Ce fut un beau spectacle que de voir l'apologiste chrétien luttant corjis à corps contre l'incrédulité de son siècle, pour le ramener, par la force de la raison, aux croyances oubliées ou dédaignées. Pour cela, comment s'y prit-il?
» Avant d'introduire ses audileuis dans le sanctuaire de la révélation, il remonta aux vérités primordiales; il refit devant eux les démonstrations de l'existence de Dieu, du gouvernement delà Providence, de la spiritualité et de l'immortalité de l'ame, du libre arbitre, et de la nécessité du culte intérieur et du culte public. Quiconque a parcouru ces pages lumineuses, qui servent de préparation à l'Evangile, ne pourra s'empêcher de convenir que, si les argumens ne sont pas nouveaux, jamais ils n'ont été plus habilement développés. Aucune preuve essentielle n'a été omise; aucune difficulté sérieuse n'est demeurée sans réplique. Il faut que
(t) Discours à iAcackiiiie. — (2) Gazette de France.
la raison accepte, malgré elle, ces grandes notions qui sont l'aliment de l'intelligence, si elle ne veut pas se condamner à l'extravagance et au suicide moral.
» La seconde partie des conférences est consacrée à l'exposition des preuves de la religion catholique. C'est là surtout que l'orateur sacré va se trouver face à face avec la philosophie du dernier siècle. Il a besoin de retremper ses forces et de s'armer de toutes pièces. Il commence par justifier Moïse contre les attaques de Voltaire : il considère eu lui le véritable auteur du Pentateuque, l'historien inspiré des temps primitifs, et le divin législateur. Par là, il restitue au fondateur des institutions judaïques sa triple auréole. Michel- Ange nous l'avoit montré jadis dans l'attitude du commandement et environné d'une majesté grandiose. L'illustre penseur lui éleva un monument plus significatif et non moins durable. Il établit ensuite l'authenticité des livres du Nouveau-Testament. La question éloit capitale. Ces textes sacrés renferment la vie, les miracles et la doctrine du Rédempteur. S'ils ne reposent pas sur uneautoritéinébranlable, si leur authenticité n'est pas mille fois plus solidement établie que celle des monumens philosophiques ou littéraires les plus accrédités, alors entrevoyez-vous les conséquences? Ce livre inimitable n'est plus que l'adroite combinaison de quelques faussaires. Les prodiges opérés par 1 Homme-Dieu ne sont plus que de beaux rêves. La personnalité de Jésus-Christ elle-même n'est plus qu'un mythe populaire, comme le disoit déjà l'Allemagne raisonneuse, comme le dira plus tard Strauss, qui résume toute cette exégèse mensongère. Après cette démonstration, que M. Frayssinous a environnée de toutes ses lumières, l'apologiste constate la vérité des prophéties et des miracles ; puis il arrive à la résurrection du Rédempteur, fondement de nos espérances; il termine par le prodige de l'établissement et de la propagation du christianisme, qui fait la conquête du monde par tous les moyens humainement destinés à entraver sa marche triomphante.
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Cette seconde partie des conférences nous paroît encore supérieure à la première. Plus la haine philosophique s'étoit déchaînée contre ces vérités salutaires, et qui consoloient les âges précédens, plus il falloit que l'orateur montrât de puissance et de logique pour les rafïeimir dans les consciences. Il savoit bien que la raison humaine accepte assez volontiers la religion naturelle; mais la forcer dans ses répugnances, et l'humilier devant les mystérieuses obscurités de la révélation, la chose étoit plus difficile. Le délenseur du christianisme y a réussi.
» Reste la troisième partie de ce savant travail. Qui ne sait que la conférence où M. d'Hermopolis définit avec autant de justesse que de mesure la foi de l'Eglise sur les enfans morts sans le baptême et sur ceux qui expirenthors de la société catholique sans avoir pu connoître la vérité révélée, a eu un immense retentissement qui a fait tomber bien des préjugés? L'éloge du sacerdoce et des grands hommes qu'a produits le catholicisme est un témoignage non équivoque de l'admiration de M. Frayssinous pour la foi qui inspire les pensées généreuses : son nom est déjà entré dans celte liste de noms glorieux qu'il a consacrés par ses louanges. Quelques-unes des matières traitées plus loin étoient plus délicates encore. Il falloit répondre à toutes les accusations dont l'Eglise a été l'objet à l'occasion de la prison de Galilée, de l'inquisition, du procès de Jean Hus, des guerres de religion, des croisades, de la Saiiit-Barthélemi, du massacre des Indiens à la découverte du Nouveau-Monde, de la révocation de l'édit de INantes. Les ennemis de Rome et de la papauté ont-ils crié assez de fois à l'intolérance et au fanatisme sur chacun de ces points? On composeroit une bibliothèque tout entière avec les imputations malveillantes, les événemens dénaturés, et les invectives que l'ignorance ou la calomnie débite depuis plusieurs siècles contre l'Eglise. Le judicieux orateur interrogea l'histoire pour rendre à chacun de ces faits son point de vue et sa vérité. La péroraison de cette conférence a de
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la grandeur. L'orateur convoque autour de la ciiaire chrétienne les grands boninies de la patrie; puis, s'effaçant derrière eux, il leiir laisse la parole pour défendre nos gloires nationales contre des imputations mensongères.
» Nous connoissons, du moins dans les généralités les plus saillantes, l'enchaînement etleplan de cesconférences. Maintenant, si nous entrons dans la forme, nous dirons que ces discours brillent par un caractère de clarté et de précision qui tenoit à la solidité des vues de M. d'Hermopolis. Esprit accoutumé aux puissantes déductions de la logique, il pose bien le principe, il le suit dans ses développemens, et en tire des conséquences auxquelles il est impossible d'échapper. Toujours habile à ne prendre de son sujet que les parties les plus attachantes et qui vont le mieux à son but, il sait garder une juste mesure dans la multiplicité des détails. Son érudition est puisée à des sources qui ne sont pas suspectes. Son langage répond à la gravité des matières qu'il aborde. Point de mots creux et sonores, qui retentissent à l'oreille sans rien dire à l'intelligence! Point d'ornemens ambitieux, qui appellent l'attention sur le morceau pour la détourner de l'ensemble! Surtout nulle trace de ce mauvais goût qui depuis a envahi la chaire au détriment de la dignité sacer- ^ dotale. M. Frayssinous, dans l'idée comme dans la diction, va franchement au but, sans s'égarer en vains détours. Sa phrase, pleine de choses, se déroule dans des formes élégantes, mais toujours ferme, et plus voisine de la concision que de l'abondance. Si l'on ne trouve pas en lui de ces foudres qui étonnent, illuminent et terrassent, à la manière de Pascal et de Bossuet, on y rencontre toujours de savantes déductions, un tout harmonieux, les belles traditions du grand siècle; et, après une discussion habilement conduite, souvent de ces mouvemens d'éloquence cjui portent dans l'ame une chaleur douce et pénétrante. Le genre qu'il avoit adopté, conforme, sans doute, à la nature de son talent, demandoit pUis de méthode que d'ins])iralion, plus d'cxacti-
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tude que de grands coups, plus de profondeur dans le point de vue que de richesse dans le développement. Nous l'avons indiqué plus haut : il s'agissoit de convaincre, et non d'entraîner; ou plutôt il s'agissoit d'entraîner par la conviction même. Qui osera déclarer que les conférences n'ont pas atteint ce but?
» On leur a fait un reproche. On auroit voulu que plus d'espace y fût consacré aux articles capitaux de la foi chrétienne, et que l'orateur traitât plus souvent le dognie proprement dit. Etrange préoccupation de la pensée humaine! Plus le génie nous donne, plus nous voulons compter avec lui. Mais d'abord M. Frayssinousa-t-il voulu embrasser tout le cercle de l'enseignement religieux ? Nous ne le croyons pas. La vie et la compréhension d'un homme sufliroient dirticilenient à cette tâche laborieuse. Ensuite nous ne possédons pas toutes les conférences qu'il a prononcées. Mais son excuse, si toutefois il en avoit besoin, n'est pas là. 11 connoissoit le siècle auquel il avoil affaire. Il avoit vu les ruines : il s'empressa de réédlfier. Dans tout le cours de sa prédication, interrompue et reprise à diverses époques, il vint toujours en aide aux vérités les plus menacées. Reprocher à M. d'Hermopolis d'avoir défendu la foi chrétienne, c'est dire à ses immortels devanciers, aux Justin, aux Athén.igore, aux Tertullien, aux Origène, aux Lactance et aux La Luzerne, qu'ils ont eu tort d'écrire leurs puissantes apologies. Laissons à ces soldats de la vérité, qui aimoient à combattre sur la brèche, leurs palmes et leur gloire. Au reste, l'auteur des conférences avoit répondu d'avance à celte objection. Il venoit d'exposer comment la chaire chrétienne avoit entendu ses devoirs jusqu'à ce jour. « Ici, Messieurs, poursuit-il, nous suivrons une voie différente; nous nous bornerons à considérer uniquement la religion dans ses principes fondamentaux, dans les preuves qui en ét;iblissent la vérité, dans les reproches généraux que lui font ses ennemis, et, sous tous ces rapports, nous chercherons à la venger des
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attaques de l'incrédulité. » Il étoit impossible d'être plus formel. Pourquoi donc chercher à faire sortir l'orateur des bornes sévères dans lesquelles ilavoitcru devoir circonscrire sa mission , afin qu'elle devînt plus profitable?
» Le monument élevé par M. Frayssinous en l'honneur de la relifjion catholique demeurera comme un témoignage impérissable de la fermeté de son ame, de sa haute intelligence et de son dévouement à l'auguste ministère qu'il avoit embrassé. Ceux qui ont eu le bonheur de l'entendre dans la chaire de Saiut-Sulpice, garderont précieusement le souvenir de cette éloquence, toujours noble dans la pensée comme dans l'expression, dans l'attitude comme dans le geste. Ils se rappelleront que tout étoit conviction dans cet homme éminent, et que la religion qui saisit puissamment des facultés aussi élevées, a déjà, par ce côté, quelque chose de respectable et d'imposant. Ceux qui n'ont jamais tressailli sous cette parole vive et animée, reliront avec amour ces pages dans lesquelles l'orateur a fait passer son ame tout entière. Ils viendront réchauffer leur foi défaillante aux inspirations de ce génie, si ferme dans ses croyances, si sincère dans la manière dont il les exposoit. Ils lui appliqueront à lui-même ces paroles empruntées à l'une de ses prédications : » La vertu séparée du génie inspire la vénération, sans subjuguer entièrement l'esprit; et le génie sans la vertu fait naître de la défiance sur l'emploi de ses forces : mais rien n'est fait pour dominer, pour entraîner, comme l'alliance de la vertu et du génie. » Tous aimeront cet orateur, qui a enseigné les pères, qui a enseigné les fils, et qui, dans sa brillante conférence où il examine les craintes et les espérances de la religion, n'a pas désespéré de notre avenir. Ce grand homme avoit raison : il est un de ceux qui l'ont préparé. »
Un jour, M. Frayssinous dit, dans la maison d'Issy, (jii'il avoit eu rintention de faire des conférences sur la
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morale, comme il en avoit fait sur le dogme, et il exprima le regret de ne pouvoir la réaliser désormais.