CHAPITRE XXX
Discours de M. d'Hirniopolis à la chambre des pairs à l'occasion de la pétition de M. de Montlosier ; à la chambre des députés, à roccasion du budget du ministère des Afl'aires ecclésiastiques. — Nomination d'évc- (jues. — M. Frayssinous songe à nommer M. Lacordaire auditeur de Rote. — Reposoir pour la Fête-Dieu.
L'acharnemekt avec lequel le Journal des Débals poursuivoit les Jésuites ne lui permit pas d'entendre de sang-froid le ministre des Affaires ecclésiastiques repousser, dans la séance du 19 janvier 1827, la pétition adressée par M. de Montlosier à la chambre des pairs. Les passions , attisées par la presse irréligieuse , s'étoient trop vivement emparées de cette question pour que l'ordre dujour fût adopté; et, malgré l'éloquence du prélat, une majorité de 113 voix contre 73 renvoya la pétition de M. de Montlosier au président du conseil des ministres.
Le 18 mai, M. d'Hermopolis parut à la tribune de la chambre des députés pour défendre le budget de son ministère : il y prononça une belle apologie du clergé.
Le ministre qui le défendoit avec tant d'éloquence continuoit à lui choisir des chefs dignes de le conduire dans ces temps dilliciles. Au mois de mars, M. d'Hermopolis avoit désigné à Charles X : pour l'Eglise de la Rochelle, jV!. Bernet, curé de Saint- Vincent-dc-Paiil , à Paris; pour l'Eglise de Versailles, M. BordericS; l'un des
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vicaires-généraux de M. de Quelen et des ecclésiastiques qui avoient rendu le plus de services à la religion dans la capitale. Au mois de juin, il indiqua : pour le siège de Bayeux , M. Dancel , grand-vicaire de Coutances et curé de Valognes ; pour celui de Vannes, M. Breteau de la Guérétrie, curé de Vitré, au diocèse de Rennes. Sur le refus de ce pieux ecclésiastique, il désigna, au mois de juillet, pour l'Eglise de Vannes, M. de La Mot te- Vauvert, chanoine de Rennes.
Une prélature importante vaquoit alors à Rome 5 et la France, qui jouit du privilège d'avoir un auditeur dans le tribunal de la Rote, étoit intéressée à ce que M. d'Isoard, promu à la pourpre, eût un successeur capable. Sur l'indication de M. Boyer, l'évèque d'Hermopolis songea à désigner pour ces (onctions élevées M. l'abbé Lacordaire, aujourd'hui Dominicain. Le jeune prêtre fut admis à un entretien avec le ministre, qui goûta son esprit. Mais le choix, qui s'étoit arrêté sur lui, se fixa définitivement sur l'abbé de Retz.
En qualité de premier aumônier du Roi, M. d'Hermopolis accompagnoitCharlesX aux processions de la Fête- Dieu : il crut que, comme ministre des Affaires ecclésiastiques, il devoit manifester, en cette occasion , sa piété d'une manière plus spéciale et avec éclat. Tout Paris admira le magnifique reposoir établi , le 24 juin, dans la cour de son hôtel : sanctuaire préparé avec autant de richesse que de goût, par le ministre, à 1 Homme-Dieu dont il étoit le pontife, et au divin fondateur de la religion, dont il étoit l'apologiste.
{)04 VIE DE M. FRAYSSIISOUS. [1827